Une agence de presse interne pour Quebecor

Les employés en lock-out du Journal de Montréal ont lancé officiellement hier leur nouveau site Internet: ruefrontenac.com.
Photo: Jacques Nadeau Les employés en lock-out du Journal de Montréal ont lancé officiellement hier leur nouveau site Internet: ruefrontenac.com.

La direction du Journal de Montréal a mis en place l'automne dernier une agence de presse interne, QMI, qui lui permet maintenant de reprendre dans le journal les textes des autres filiales du groupe Quebecor.

C'est ce qu'a confirmé hier la vice-présidente aux communications de Quebecor, Isabelle Dessureault, alors que depuis deux jours on peut lire dans le Journal de Montréal des textes publiés sous le nom de «Agence QMI» (pour Quebecor Media).

«QMI, c'est un portail de partage de contenus, explique-t-elle au Devoir. C'est un fil RSS de tous les textes publiés sur Internet par nos différentes filiales, dans lesquels nous pouvons piger.»

Ces derniers mois, le Journal de Montréal publiait de plus en plus des textes traduits des journaux anglophones de Sun Media, la filiale de Quebecor qui gère les journaux.

Mais avec l'agence QMI, peut-on reprendre aussi les textes des hebdos de Quebecor publiés au Québec, ainsi que les textes du quotidien gratuit 24h publié à Montréal? «Oui, répond Mme Dessureault. Le principe, c'est qu'on reprend les textes déjà publiés par les sites Internet de nos filiales.»

Interrogée à savoir si cette nouvelle agence, ou ce nouveau portail interne, pourrait éventuellement remplacer l'affiliation à La Presse canadienne, Mme Dessureault a indiqué que «ce n'est pas en discussion».

Depuis le début du lock-out samedi, le Journal de Montréal publie donc des textes des différentes filiales de Quebecor par QMI, ainsi que des textes de la Presse canadienne, et des textes écrits par les cadres de l'entreprise. Dans l'édition d'hier, on trouvait également dans la section sportive des textes repris du Journal de Québec.

Le journal publiait également sur deux pages hier un portrait des 15 principaux cadres de la rédaction, qui écrivent la plupart des textes depuis samedi, pour démontrer la compétence journalistique de ces cadres, qui cumulent «300 ans d'expérience», affirmait le journal.

Dans l'édition d'hier également, le chroniqueur Joseph Facal a longuement expliqué pourquoi il continuerait à publier dans le Journal de Montréal malgré le lock-out. Différents médias ont également fait état de la décision de Bernard Landry de continuer sa collaboration.

Les députés du Parti québécois, eux, ont décidé de pas accorder d'entrevue aux cadres du Journal de Montréal. Interrogé hier à Québec, la chef péquiste Pauline Marois a choisi de ne pas jeter la pierre à ses anciens collègues Bernard Landry et Joseph Facal. «Ce sont des choix qui leur appartiennent, ce sont des décisions qu'ils pourront expliquer et justifier», a-t-elle dit.

Quant aux députés péquistes, ils ont adopté la même attitude que pour tout autre conflit de travail, a souligné Mme Marois. «On tente de ne pas passer les lignes de piquetage», a-t-elle dit.

Par ailleurs, des lecteurs ont contacté Le Devoir pour affirmer que ces derniers jours ils avaient reçu des appels d'une agence d'abonnement qui tentait de les convaincre de s'abonner au Journal de Montréal, alors qu'ils n'avaient jamais reçu de tels appels auparavant.

Isabelle Dessureault a affirmé qu'il s'agissait là de campagnes normales de promotion.

Lancement de Rue Frontenac

Du côté syndical, c'est à 14h hier que les employés en lock-out lançaient officiellement ruefrontenac.com, leur site Internet. Le lancement s'est effectué sous les applaudissements et les cris de joie des journalistes réunis dans leur local syndical, qui sert également de salle de rédaction.

Le site se veut une véritable site d'information, qui proposera des nouvelles, des chroniques, les travaux des photographes et la caricature du jour.

Une régie publicitaire gérée par le groupe Branchez-vous a déjà trouvé de la publicité pour le site. Le matériel informatique est fourni par les syndiqués du Journal de Québec, qui ont récemment connu un long lock-out pendant plus d'un an. Les journalistes montréalais ont également eu à s'équiper eux-mêmes en matériel, puisque les ordinateurs et les cellulaires ont été repris par l'entreprise depuis le début du lock-out.

Les équipes seront en place en semaine de 8h à minuit pour alimenter le site. On prévoit donc, par exemple, couvrir les parties du Canadien en soirée lorsque l'équipe sera à Montréal.

Avec la collaboration de Robert Dutrisac
2 commentaires
  • André Chamberland - Inscrit 29 janvier 2009 08 h 30

    QMI et la pensée unique : Danger !

    QMI met-elle en danger le droit du public à une information non contrôlée ? Une agence interne, celle-ci ou une autre, comporte réellement un tel risque pour le droit de la population à une information complète et à des points de vue variés.
    La disparition de médias à cause de la crise économique amplifie aussi ce risque.
    Seuls les gros survivront et pourront contrôler l'information à leur guise , tout comme le fait Harper à Ottawa.
    Danger !

  • Claude Stordeur - Inscrit 29 janvier 2009 11 h 46

    Le monde de l'information (dont la presse sur papier) est en plein réaménagement

    Mon premier argument est que si je m'abonne a La Presse a chaque semaine on est obligé d'abattre un arbre pour me communiquer les nouvelles...

    Mon 2e est que l'information papier, en dehors des fin de semaines ou c'est plus touffu, se suffit sur un journal genre 24h gratuit.

    Mon 3e est que les autres sources d'information sont directe et immédiate comme a CNN par exemple. RDI est souvent en retard ou en répétition de films de 30 secondes, c'est un journal parlé avec vidéo et pas un journal télévisuel en continu . LCN est sans doute affilié pour les grands moments à CNN et est plus prompte à cause de son hélicoptère pour les nouvelles locales en direct.

    Pour le reste j'ai plusieurs sites qui me proposent des dizaines de TV dont aljazira ou TV Liège ou Marseille en français ou en anglais qui me permettent de recouper les informations pour en tirer mes conclusions

    Toutes les autres informations comme touristiques ou politiques et de médecines par exemple me sont fournies par une recherche très simple dans Google.

    Un site de départ comme "votre portail.com" me donne amplement de sites qui peuvent remplir des soirées de plaisir à m'instruire sur le monde qui m'entoure et sur mes questions plus précises.