Conflit au Journal de Montréal - Les syndiqués votent la grève à 99,6 %

Le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc (centre) a écouté les conseils des gens qui l’entouraient, hier, lors de l’assemblée tenue hier.
Photo: Jacques Nadeau Le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc (centre) a écouté les conseils des gens qui l’entouraient, hier, lors de l’assemblée tenue hier.

Les syndiqués en lock-out du Journal de Montréal ont voté hier massivement pour la grève, et ils lanceront cette semaine une importante campagne de boycottage de leur quotidien, qui est publié depuis samedi par la direction du journal.

Les syndiqués ne publieront pas de quotidien gratuit, comme les syndiqués en lock-out du Journal de Québec l'ont fait avec Média Matin Québec l'année dernière. Mais ils procéderont demain ou jeudi au lancement officiel de leur site Internet ruefrontenac.com, qui se voudra un véritable site d'information, avec des exclusivités et des enquêtes.

La résistance s'organise donc chez les employés du journal, mis en lock-out par l'employeur dans la nuit de vendredi à samedi, après l'échec d'une dernière série de négociations pour le renouvellement de leur convention collective.

Réunis en assemblée générale hier, les 253 syndiqués ont voté dans une proportion de 99 % en faveur de la grève générale illimitée. Ainsi, si l'employeur lève le lock-out, les syndiqués n'ont pas l'intention de rentrer au travail sans obtenir une véritable convention négociée.

Les employés entendent aussi lancer une campagne de boycottage du journal. «Nous allons demander aux lecteurs et aux annonceurs de ne plus lire le journal et de ne plus acheter de publicité», a déclaré le président du syndicat, Raynald Leblanc, qui a qualifié le journal publié depuis samedi de «honte» et de «torchon».

Les syndiqués sont donc à la recherche d'appuis pour ébranler leur employeur. Québec solidaire a déclaré dimanche que ses porte-parole n'accorderaient plus d'entrevue au quotidien montréalais pendant toute la durée du conflit. Pour sa part, le NPD Québec a dénoncé le lock-out, demandant à Quebecor de «faire preuve de bonne foi, de mettre fin au lock-out» et de reprendre les négociations.

Un groupe Facebook a également été créé, Supportons les employés du Journal de Montréal, qui comptait déjà plus de 1330 membres hier en fin d'après-midi, dont des journalistes d'autres médias.

Par ailleurs, hier matin les employés du Journal de Montréal ont fait une haie d'honneur devant un autobus de TVA qui emmenait des membres des médias à Sainte-Adèle pour visiter les installations de Star Académie. Ce genre de moyen de pression risque de se multiplier dans les prochains jours.

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