À voir à la télévision le mardi 27 janvier - La vie avec mon père

J'étais très jeune au moment de la sortie du film Un zoo la nuit, en 1987. Le film ne semblait laisser personne indifférent et les opinions, si ma mémoire est bonne, étaient assez tranchées — voire tranchantes dans certains cas. À l'époque, je comprenais mal tout l'émoi entourant ce qui ne me semblait être qu'un drame policier. Un visionnement récent m'a confirmé deux choses: primo, le film du regretté Jean-Claude Lauzon vieillit très bien et, secundo, bien des nuances m'avaient échappé lors de ma première incursion dans cet univers typiquement québécois... et totalement universel.

L'intrigue s'intéresse à Marcel, qui, à sa sortie de prison, tente de recoller les morceaux de sa vie. Il souhaite renouer avec sa copine Julie et, surtout, il veut se rapprocher de son père. Or rien n'est simple: Julie en est réduite à se prostituer et Albert, le père de Marcel, se meurt. Il croit en outre que fiston revient simplement d'un long séjour à l'étranger. Mais il y a pire: deux flics corrompus sont aux trousses de l'ex-détenu, certains qu'il est toujours en possession d'un important magot.

Le film fonctionne à deux niveaux. D'une part, le recours à un genre reconnaissable, le drame policier, confère à Un zoo la nuit une accessibilité large tandis que, d'autre part, le thème de la filiation (thème récurrent dans le cinéma québécois) rend compte de préoccupations plus personnelles.

Cinq ans avant Léolo, Lauzon maîtrisait déjà très bien les codes du langage cinématographique. Son aisance à aborder le cinéma de genre tout en y accolant une griffe d'auteur le rapprochait de son contemporain Yves Simoneau; leur sensibilité esthétique aussi, peut-être. Un zoo la nuit vaut le détour pour ses compositions soignées, oui, mais également pour la qualité de l'interprétation. Notamment celle de Roger Le Bel qui, dans le rôle du père, est franchement touchant.

Cinéma / Un zoo la nuit - Artv, 21h

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