Trêve au Journal de Montréal

À la veille de la nouvelle année, l'espoir renaît au Journal de Montréal: la direction et le syndicat se sont en effet entendus hier pour éviter tout conflit jusqu'au 23 janvier.

Selon l'entente signée hier, la direction du journal, propriété de Quebecor, et le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal tiendront des négociations intensives du 6 au 23 janvier. Les deux parties s'engagent à n'exercer aucun moyen de pression (donc aucun lock-out du côté patronal, ni aucun vote de grève du côté syndical). Les parties s'entendent également pour maintenir un embargo sur les discussions, et ne pas faire de déclarations publiques.

L'entente permet également de poser des balises pour la négociation. Les deux parties ont en effet identifié certains «paramètres», dit-on, des sujets considérés comme inévitables, sans qu'on puisse en savoir plus pour le moment.

Les négociations se tiendront en présence du conciliateur Pierre-Marc Bédard, qui avait été nommé le 16 décembre dernier par le ministre du Travail. Hier, les deux parties demeuraient sobres dans leurs commentaires publics. «Nous avions toujours dit que nous étions prêts à négocier», a rappelé le président du syndicat, Raynald Leblanc. «Nous souhaitons parvenir à une entente, et nous avons confiance de le faire», a ajouté Isabelle Dessureault, vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor (qui a d'ailleurs pris la peine de rappeler les médias alors qu'elle était en vacances au Costa Rica).

La convention collective du syndicat vient à échéance aujourd'hui même. Les négociations pour son renouvellement avaient commencé le 28 octobre, mais elles avaient été interrompues le 18 novembre. Le fossé entre les parties était tellement énorme que tout le monde se préparait à un lock-out dès ce vendredi 2 janvier. Plusieurs rumeurs faisaient état de préparatifs intensifs de la part de la direction du Journal pour pouvoir publier le quotidien sans l'apport des syndiqués. De son côté, le syndicat avait même déménagé son local syndical à la mi-décembre, pour l'installer dans un immeuble à côté du Journal de Montréal, en prévision du conflit.

Il reste maintenant à voir si les deux parties pourront véritablement s'entendre d'ici la fin de janvier, alors que la direction de l'entreprise veut revoir des pans entiers de la convention collective pour faire face aux problèmes économiques de l'industrie des journaux, et pour mettre en place une convergence accrue entre le journal imprimé et les nouvelles plates-formes de diffusion, comme Internet et les cellulaires.

Rappelons que la division Sun Média de Quebecor, qui gère les journaux du groupe, annonçait le 16 décembre une réduction de ses effectifs de 600 postes, soit 10 % de sa main-d'oeuvre.

Par ailleurs, un long et dur conflit au Journal de Québec se terminait l'été dernier, et certains observateurs prévoyaient qu'un conflit au Journal de Montréal pourrait être encore plus difficile que pour son cousin de la capitale.

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