TQS mise au neutre par le CCRI

Remstar se fait taper sur les doigts par le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI): les agissements des nouveaux propriétaires du réseau de télévision TQS menaceraient le «tissu syndical» des employés encore à l'emploi de la station.

Ce dernier a donc délivré l'avant-veille de Noël une ordonnance provisoire demandant à Remstar de mettre un frein aux pratiques alléguées par les syndicats. Les représentants syndicaux affirment que de l'argent a été offert à des employés pour les inciter à renoncer à leurs droits syndicaux. L'affaire sera entendue sur le fond à compter du 6 janvier.

Mais déjà, le CCRI estime qu'il y a «suffisamment d'éléments de preuve au dossier pour permettre de conclure que les actions des employeurs ont eu pour effet d'éroder considérablement le caractère représentatif des syndicats», lit-on dans la décision.

Ainsi, «en l'absence d'une intervention rapide du Conseil, le tissu syndical dans les différentes unités de négociation risque de s'élimer davantage».

Le CCRI prend acte des déclarations assermentées présentées par les représentants syndicaux et qui «font état de multiples démarches par [l'employeur] visant à négocier directement avec les employés leurs conditions de travail, sans l'autorisation des syndicats.»

Les difficultés économiques de Remstar sont réelles, dit le CCRI, mais cela ne dégage pas l'entreprise de ses responsabilités syndicales.

Le conseil trouve «préoccupant de noter que les déclarations assermentées font état d'ententes proposées par les employeurs à plusieurs employés visant l'abandon de la protection d'emploi prévue dans les clauses de sous-traitance» des conventions collectives.

TQS aurait notamment offert à certains employés des compensations financières pour qu'ils acceptent, une fois congédiés de leur emploi syndiqué, de continuer à réaliser le même boulot pour la chaîne, à la différence notable qu'ils feraient ce boulot en tant que travailleurs autonomes.

Sur ce point, le conseil remarque que «ces allégations n'ont pas été contredites par les employeurs».

En attente

Dans un communiqué diffusé mardi, Maxime Rémillard, grand patron de TQS, estime que la «décision intérimaire du CCRI ne dénonce aucunement les agissements de TQS. Cette décision ne vise essentiellement qu'à favoriser la représentativité syndicale déjà accordée dans l'entreprise». Par ailleurs, un porte-parole de TQS indiquait hier que toutes les allégations restent à prouver.

La Fédération nationale des communications (FNC-CSN) a pour sa part accueilli favorablement cette décision, même si elle n'est que temporaire. «Elle confirme que les entreprises ne sont pas au-dessus des lois et que les difficultés économiques ne permettent pas de contourner les syndicats», affirme la présidente, Chantale Larouche.

Selon celle-ci, la FNC détient des «preuves accablantes, qui confirment que tout a été mis en oeuvre pour se débarrasser des syndicats».

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