Un groupe demande à Ottawa d'épauler le développement d'Internet

Le gouvernement fédéral doit coordonner les efforts pour faire augmenter le taux de pénétration d'Internet à haute vitesse et pour stimuler l'amélioration de l'infrastructure du réseau, estime le groupe de recherche SeaBoard.

SeaBoard, un des gros cabinets de recherche en matière de télécommunications, a noté que la qualité des services Internet à haute vitesse sera de plus en plus un «élément clé» pour l'économie, l'éducation et l'industrie culturelle.

«Le taux de pénétration d'Internet à haute vitesse augmente, mais le Canada recule dans le classement [des pays développés]», a écrit le groupe dans un nouveau rapport. «Il y a un certain nombre d'initiatives locales et provinciales — la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve viennent d'annoncer des programmes depuis un mois, et Industrie Canada les finance —, mais il n'y a aucun leadership national, aucun plan articulé.»

SeaBoard mentionne notamment que le président désigné des États-Unis, Barack Obama, a annoncé son intention de mettre l'accent sur l'amélioration du taux de pénétration, mais qu'au Canada, personne ne parle de cet enjeu.

Blogueurs québécois

Plus près d'ici, un regroupement de blogueurs québécois a récemment envoyé une lettre au premier ministre, Jean Charest, pour demander la mise sur pied d'une stratégie tous azimuts pour «stimuler l'économie numérique» et favoriser l'accès à Internet haut débit. Le groupe a rappelé que le Québec comptait 64 % d'internautes l'an dernier, comparativement à 83 % en Alberta.

«Le faible taux de participation des entreprises québécoises à l'économie numérique et l'exode des dollars d'achat des Québécois sont inquiétants pour l'avenir de notre économie. Il apparaît primordial que l'offre de services numériques soit renforcée au Québec», a suggéré le Regroupement Yulbiz Montréal dans une lettre écrite par la blogueuse Patricia Tessier.

Et en août dernier, la Fédération québécoise des municipalités a affirmé qu'il fallait absolument se pencher sur le sort des petites communautés qui demeurent coupées du reste du monde technologique.

«Cela n'a aucun sens que les gens, peu importe où ils habitent, n'aient pas un accès à Internet», avait affirmé son président, Bernard Généreux, lors d'une entrevue à La Presse canadienne. Il avait alors estimé que de 400 à 600 municipalités n'ont pas d'accès.

«Nous sommes en retard sur les pays les plus arriérés de la planète. L'Afrique est en train de se brancher alors que nous autres, nous ne sommes pas encore capables de nous connecter, et cela, pour des dizaines de milliers de personnes», avait ajouté M. Généreux.

Le rapport de SeaBoard — dont les revenus proviennent notamment du conseil qu'elle offre aux entreprises de télécommunications — revient sur le classement annuel de la pénétration d'Internet à haute vitesse, présenté par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). L'an dernier, le Canada se classait au 10e rang, avec 27 % de taux de pénétration. L'année précédente, il était 8e. En 2002, il était deuxième.

Il est important que les internautes puissent naviguer sans embûches, a dit SeaBoard, parce que la taille moyenne d'une page Web a explosé de 233 % en cinq ans, et le nombre d'objets dans une page moyenne a doublé. Ces objets comprennent notamment la vidéo, qui exige une connexion Internet rapide.

À voir en vidéo