Agenda - Québec sous tous les angles

Les premières minutes du film Infiniment Québec, de Jean-Claude Labrecque, sont inoubliables: Québec sous la neige, c'est unique au monde. La caméra de Labrecque survole lentement les toits, s'introduit dans les ruelles, côtoie les bancs de neige, fait entendre les bourrasques et le vent, et nous fait totalement ressentir l'âpre beauté blanche des longues journées d'hiver dans la capitale.

C'est un véritable hymne à Québec qu'a réalisé Labrecque, et ce «vagabondage cinématographique» est le point central de cette soirée présentée samedi à Artv, une soirée entièrement consacrée à Québec, toujours dans le cadre du 400e anniversaire de la ville.

Pour son film, Jean-Claude Labrecque a renoué avec sa ville natale. Enfant, il se faisait dire par les religieuses chez qui il étudiait que Québec était la plus belle ville du monde. Et c'est la ville de ses premiers coups de foudre visuels, dit-il.

Après une longue carrière prestigieuse, et après s'être installé à Montréal, Jean-Claude Labrecque est donc retourné à Québec pour tourner ce film pendant un an, suivant le rythme des saisons. La caméra de Labrecque nous permet même de voir d'un oeil neuf les promenades en calèche et des endroits aussi clichés que le Château Frontenac.

On voit très bien que le réalisateur a pris son temps pour composer ses images. Son film, une histoire de la ville de sa fondation à aujourd'hui, utilise tout le matériel disponible pour raconter cette histoire: peintures, gravures, aquarelles anciennes et photographies d'époque. Il est également autobiographique puisque Jean-Claude Labrecque raconte, par la voix de Gilbert Sicotte, sa découverte de la ville enfant, ce qui représente un fil conducteur fort riche tout au long de l'oeuvre.

La bande sonore est également très intéressante, composée, entre autres, de pièces de Jorane et du Concerto de Québec d'André Mathieu, interprété par Alain Lefebvre. C'est vraiment très beau.

Une Nouvelle-France burlesque

Cette soirée en l'honneur de Québec s'ouvre par une production inédite fort différente: La Grande Bataille, une «comédie historique» d'une heure sous forme de sketchs, qui fait revivre des personnages importants de l'histoire de la Nouvelle-France.

Produite par Zingaro, écrite par Pascal Blanchet et Pierre Beaudry, cette émission a recours à d'excellents comédiens, dont Réal Bossé dans le rôle de Frontenac, Édith Cochraine dans celui de Madeleine de Verchères, François Papineau dans celui du père Brébeuf, Martin Drainville et Louis Champagne hilarants dans les rôles respectifs de Radisson et de Des Groseillers, Julien Poulin dans celui d'un grand chef indien, et ainsi de suite.

Bref, nous sommes dans une sorte de farce burlesque, un peu à l'image de la série française Kaamelott, qui propose une version décalée et ironique de l'histoire du roi Arthur. La Grande Bataille a le mérite de s'amuser avec des figures souvent trop figées dans les livres d'histoire, mais malgré quelques bons moments, on ne peut pas vraiment parler d'une grande réussite, plusieurs gags tombant à plat.

La soirée se termine par une rediffusion fort agréable: une édition spéciale de Visite libre qui avait été présentée il y a quelques mois, où l'animateur Philippe Lupien nous fait visiter six demeures remarquables de Québec.

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La Grande Bataille, 21h, Infiniment Québec, 22h, Visite libre, 23h, Artv, samedi 6 décembre.