Vendredi 12 décembre - Telle mère, telle fille, telle mère...

Les dunes de l'État de Maranhão, au Brésil, vers 1910. Au loin, des caravaniers. Que viennent-ils faire en ces lieux désertiques? C'est la question que se pose Aurea, la jeune épouse enceinte du chef de la bande, que sa mère et elle ont docilement suivi. Mais à présent, confrontées à cet environnement aride, minimaliste, les deux femmes s'interrogent... puis le temps passe. D'abord les jours, les années et, enfin, les générations.

La Maison de sable, du jeune réalisateur brésilien Andrucha Waddington (35 ans au moment de la sortie du film), est un film austère d'une saisissante beauté. Rarement fond et forme convergent-ils aussi harmonieusement afin de créer une oeuvre qui, nul doute, passera l'épreuve du temps, l'un de ses principaux thèmes, ironiquement. Car, outre une plastique superbe, La Maison de sable propose un récit habile, intrigant à plus d'un égard.

Le cinéaste, entre autres trouvailles heureuses, a eu la bonne idée de confier les rôles principaux à Fernanda Montenegro (si touchante dans Gare centrale) et à sa fille, Fernanda Torres, qui suit les traces de sa célèbre maman. Ensemble, elles composent trois générations de mères et de filles dans un décor unique à tous égards. Leur jeu est d'une sobriété exemplaire, alors qu'elles trouvent le bon ton, la bonne nuance pour suggérer un nouveau personnage, une nouvelle époque.

L'une des grandes réussites de Waddington est assurément d'avoir su utiliser avec intelligence un procédé narratif particulier sans en faire la raison d'être de son film, qui aurait très bien pu s'en passer à la lumière de la qualité du scénario, de l'interprétation et de la sublime direction photo (de Ricardo Della Rosa). L'équilibre ainsi atteint rend compte d'un grand discernement et de beaucoup, beaucoup de talent.

***

Cinéma / La Maison de sable

Télé-Québec, 23h30

À voir en vidéo