La FNC accuse TQS de pratiques déloyales

L'attaque est relancée contre le réseau TQS: la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), qui représente la majorité des employés syndiqués de l'entreprise, porte plainte devant le Conseil canadien des relations industrielles en accusant le réseau de pratiques déloyales.

Par la même occasion, la FNC dépose une nouvelle plainte devant le CRTC, faisant valoir que TQS ne respecte pas ses nouvelles conditions de licence.

Devant le Conseil canadien des relations industrielles, la FNC veut faire reconnaître que TQS a procédé à un lock-out illégal, et qu'elle a agi dans l'illégalité en vertu du Code du travail.

Pour comprendre cette plainte, il faut se souvenir que, lors de la crise du printemps dernier, TQS a mis à pied 340 de ses 435 employés syndiqués, et que les syndiqués étaient des créanciers au même titre que les autres: ils ne pouvaient obtenir que 20 % de leur indemnité de départ et des sommes qui leur étaient dues.

Or, la FNC affirme détenir des preuves que bon nombre de syndiqués se sont vu offrir des ententes en argent ou en services, représentant la totalité des sommes dues, en échange d'un abandon de leurs droits. «Nous avons des preuves que TQS a tout fait pour se débarrasser des syndicats, explique la présidente de la FNC, Chantal Larouche. Remstar et ses représentants ont eu recours à du harcèlement et à des tactiques incroyables et inimaginables.»

Dans sa plainte, la FNC soutient particulièrement que, dans certaines régions, des représentants de TQS ont offert à des employés de payer la totalité de l'indemnité de départ si le syndicat renonçait aux clauses balisant la sous-traitance.

Avec la nouvelle programmation lancée en septembre, plusieurs émissions de TQS sont produites par des sous-traitants où l'on retrouve d'anciens employés syndiqués.

La FNC veut donc demander à la commission que les employés qui ont été mis à pied de façon «illégale» soient réintégrés dans leur emploi.

La FNC représente huit syndicats de l'entreprise au Québec. Pour sa part, TQS-Québec est accrédité auprès d'une autre centrale, le Syndicat canadien de la fonction publique.

Par ailleurs, la FNC s'était plainte au début septembre devant le CRTC que TQS ne respecte pas ses conditions de licence, en ayant annulé toute production d'information à la fin août.

Cette plainte suit toujours son cours devant le CRTC. Mais la fédération syndicale en dépose une deuxième: TQS avait promis de produire et de diffuser de la programmation locale et des nouvelles, et elle ne produit plus aucune émission elle-même, sauf 110 %, ayant tout confié à ses sous-traitants. La FNC demande donc au CRTC d'ordonner à TQS de respecter ses promesses. Comme on le voit, la question de la sous-traitance demeure au coeur des deux plaintes.

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