Afghanistan - Mellissa Fung libérée par un échange de prisonniers

La journaliste canadienne Mellissa Fung, enlevée pendant près d'un mois en Afghanistan, a déclaré hier avoir été libérée dans un échange contre des membres de la famille de ses ravisseurs qui avaient été arrêtés par les autorités afghanes.

Dans une entrevue exclusive diffusée par la chaîne publique CBC pour laquelle elle travaille, Mellissa Fung a fait le premier récit de son enlèvement, affirmant s'être répétée pendant ses 28 jours de captivité qu'elle s'en sortirait et qu'il était «hors de question d'y laisser sa vie».

Âgée de 35 ans, Mme Fung a indiqué que ses ravisseurs étaient de très jeunes hommes faisant manifestement partie d'une famille ou d'un gang spécialisé dans les enlèvements contre rançon, même s'ils lui ont d'abord dit être des talibans.

«Ils m'ont dit qu'ils étaient des talibans, mais je ne les ai jamais vraiment crus. Ils ne me semblaient pas assez organisés ou assez politiques pour être des talibans. Ils n'avaient même pas de caméra», a-t-elle dit.

La famille

Évoquant sa libération, la jeune femme a déclaré «comprendre maintenant que les services de renseignement afghans avaient repéré la famille du chef de ce gang et en avaient arrêté plusieurs membres. Cela a été un échange de prisonniers, [les autorités] acceptant de libérer la famille si le groupe me relâchait et c'est ce qui s'est passé», a-t-elle ajouté en affirmant qu'il n'y avait pas eu d'autre échange de prisonniers.

Un de ses ravisseurs lui avait dit être mécontent de n'avoir pas touché de rançon, a-t-elle ajouté.

Déclarations contradictoires

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a affirmé qu'aucune rançon n'avait été versée pour la libération de Mme Fung et qu'il n'y avait pas eu d'«échange de prisonniers politiques».

L'ambassadeur du Canada en Afghanistan, Ron Hoffmann, a réaffirmé hier «sans équivoque» qu'il «n'y avait pas eu de rançon payée ou de prisonniers libérés».

«Il s'agit de personnes détenues brièvement dans le cadre de l'enquête qui se sont avérées faire partie de la famille de certains ravisseurs et qui n'auraient finalement pas été gardées en détention car elles n'ont pas été inculpées», a expliqué l'ambassadeur dans une entrevue à CBC, en affirmant que cela avait permis de «mettre la pression sur les ravisseurs».

Un mois de captivité

Mellissa Fung a été libérée samedi dernier après près d'un mois de captivité dans un petit souterrain creusé par ses ravisseurs. Sa capture avait été gardée secrète et plusieurs médias, dont l'AFP, ont accepté de ne pas divulguer la nouvelle pour ne pas mettre en danger la vie de la jeune femme.

Celle-ci a par ailleurs révélé avoir été blessée d'un coup de couteau à l'épaule lors de son enlèvement, à son retour d'un camp de réfugiés près de Kaboul.