Médias - Les employés du «Journal de Montréal» votent pour des moyens de pression

La négociation est à peine commencée que les employés du Journal de Montréal ont voté la semaine dernière pour des moyens de pression, excluant pour le moment la grève générale.

La raison de ce coup de sang: le «cahier des charges» des demandes patronales, qui a été jugé inacceptable par le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM). «C'est même pire que ce que Quebecor avait présenté au Journal de Québec avant le début du conflit», déclare Raynald Leblanc, président du STIJM.

Les demandes patronales sont très marquées par le développement et la convergence, et par la recherche d'assouplissements financiers.

De source syndicale, on indique que le «cahier des charges» prévoit une réduction de 20 % des coûts d'exploitation. L'employeur chercherait à réduire les coûts liés aux vacances et aux heures supplémentaires, et prévoit une réduction de postes qui ne semble pas encore clairement définie. Le syndicat parle, par exemple, d'une réduction du nombre de réviseurs et du nombre de pupitreurs.

Par ailleurs, l'employeur a indiqué son intention d'engager de nouveaux journalistes, au moins une douzaine semble-t-il.

Mais la direction de l'entreprise demande également d'implanter la semaine de cinq jours pour les nouveaux employés, tout en conservant l'actuelle semaine de quatre jours pour les anciens, ce qui s'apparente à une clause de disparité de traitement («clause orphelin»). On demande également d'augmenter le nombre d'heures de la semaine de travail.

Toujours de source syndicale, la direction du journal voudrait faire jouer au maximum la convergence entre les différentes unités du groupe, en donnant au quotidien le droit d'utiliser le matériel qui provient des autres médias du groupe, et vice-versa. Selon le président du syndicat, «si on accepte ça, on pourrait retrouver dans le journal des photos de TVA, des textes de 7 jours, de 24h, d'Échos-Vedettes».

La question du multitâche serait également en discussion.

S'en va-t-on vers une grève? Difficile à dire pour l'instant. Malgré les tensions actuelles, les parties sont toujours en discussion, puisque quatre rencontres de négociation par semaine sont prévues d'ici à Noël. La convention collective se termine le 31 décembre et il semble que la direction de l'entreprise cherche à conclure une entente avant les Fêtes. Le syndicat estime à peu près impossible d'y arriver, puisque les demandes patronales actuelles nécessiteraient de retravailler au moins 125 clauses de la convention collective, fait-il valoir.
2 commentaires
  • Normand Chaput - Inscrit 12 novembre 2008 11 h 10

    la brèche est ouverte

    Ils ont déjà perdu à Québec en bonne partie par manque de soutien des autres branches du groupe. Maintenant que la moulinette est partie et que l'employeur a déjà commencé à faire du steak haché, le reste de la vache devrait y passer assez facilement.

  • Philippe Landry - Inscrit 12 novembre 2008 11 h 49

    C'est la démocratie qui est en danger

    Contrairement a la Presse qui est un organe de propagande privé fortement déficitaire dont le mandat est d'orienter l'opinion publique en faveur des intérêts personels de son actionaire unique, le Devoir et le Journal de Montréal sont des journaux dont le mandat est d'informer la population et, accessoirement, de faire des profits (fardeau qui n'incombe pas à la Presse, pour le plus grand malheur de notre démocratie).

    Certains objecteront que le Journal de Montréal et le Devoir sont aussi des organes privés mais ils ont tout de même une obligation de rendement, ce qui les rend sujet aux lois du marché: ils ne peuvent dire n'importe quoi, sous peine de perdre de la crédibilité et se voir acculés à la faillite.

    La disparition même temporaire, du Journal de Montréal serait une véritable catastrophe pour notre démocratie.