À voir à la télévision le vendredi 14 novembre - Le crépuscule d'un dieu

La Deuxième Guerre mondiale a réellement pris fin en août 1945, quand les Américains ont lâché leurs bombes sur Hiroshima et Nagasaki. Pour le monde, l'affaire était maintenant entendue. Une telle démonstration de force avait en effet de quoi laisser pantois. Tournant le dos à l'évidence de sa défaite, Hirohito, l'empereur du Japon, s'est pourtant réfugié dans le déni.

Le Soleil, du cinéaste Alexandre Sokourov (L'Arche russe), brosse le portrait subtil d'un dieu redevenu homme malgré lui.

Sokourov n'est pas étranger au monde des tyrans. De fait, sa filmographie témoigne d'un intérêt certain pour ces personnages qui ont marqué l'histoire pour toutes les mauvaises raisons. Moloch se penchait sur l'intimité d'Hitler, Taurus, sur celle de Lénine. Le Soleil opte pour une approche similaire et présente un personnage plus grand que nature dans un contexte relativement dépouillé, son bunker, alors qu'il se livre à des activités dont la banalité tranche singulièrement avec les événements historiques qui sont en train de se jouer au dehors.

Comme toujours chez Sokourov, la forme est très soignée. Le montage sonore et les éclairages se démarquent sans toutefois porter ombrage à la mise en scène, stylisée et poétique. Dans le rôle de l'empereur nippon, l'acteur Issey Ogata (Yi yi) est l'incarnation de la divinité faite homme.

Une leçon d'histoire fort intéressante, ne serait-ce que pour l'angle privilégié. À voir juste après Letters from Iwo Jima, de Clint Eastwood, qui s'intéresse au point de vue des soldats japonais vers la fin du conflit.

Cinéma / Le Soleil - Télé-Québec, 23h30