À voir à la télévision le mercredi 12 novembre - Les caprices d'un fleuve

Au village, le poisson ne mord plus. On s'inquiète, les ragots vont bon train. Bientôt, de vieilles légendes refont surface. Devrait-on blâmer Zanga, de retour d'exil des années après avoir été chassé pour être né de père inconnu? Et si quelque chose se tapissait sous la surface des eaux trop calmes du fleuve?

Production plutôt artisanale éminemment sympathique, Faro, la reine des eaux est le fruit d'une collaboration entre le Mali, le Burkina Faso, l'Allemagne, la France et le Québec. Le ton et la manière sont ceux d'un conte réaliste et le film devrait être reçu comme tel, sans autre forme d'a priori.

La modestie de l'entreprise s'avère en fin de compte l'un de ses principaux atouts. Les éléments fantastiques sont suggérés, jamais montrés, et il en résulte une impression d'authenticité, malgré l'interprétation parfois un peu trop... candide. Cela étant, le film repose essentiellement sur les épaules de Fily Traoré et celui-ci campe Zanga avec conviction et naturel. Les scènes avec sa mère sonnent particulièrement juste.

Faro, la reine des eaux est l'occasion d'accéder à l'imaginaire, aux légendes et aux moeurs d'un peuple fort éloigné du nôtre. De telles occasions ne sont pas légion et il importe de les saisir quand elles se présentent, surtout quand l'approche du merveilleux proposée tranche si singulièrement avec celle de l'omniprésent Hollywood. Ici, les phénomènes inexpliqués le demeurent: on croyait la chose devenue impossible!

À cet égard, la trame sonore hypnotique de Bassekou Kouyaté contribue à créer cette atmosphère juste assez mystérieuse, juste assez magique.

Cinéma / Faro, la reine des eaux - Artv, 21h