À voir à la télévision le dimanche 9 novembre - Biographie musicale

Après Exils, Transylvania, Latcho Drom et tous ces films qui font vivre le voyage, Tony Gatlif se lance dans le spectacle, crée une troupe de flamenco avec le joueur de cajon Lucky Losa, signe Vertiges, du flamenco à la transe, saute dans un camion et reprend la route avec 40 jeunes «potes» pour une tournée à travers le monde.

En juin 2007, à Lyon, lors des Nuits de Fourvière dans le Grand Théâtre romain transformé en arène rouge et ocre, on a capté le concert qui est retransmis sur Artv dimanche à 21h. Le titre Vertiges, du flamenco à la transe est inspiré d'une phrase de Théophile Gauthier qui, à propos de musiciens roms qu'il avait vus dans un bar enfumé, avait dit ceci: «Ils commencent à jouer doucement, l'un après l'autre, puis tous ensemble; ça gagne les auditeurs et ça monte jusqu'au vertige.»

«Ce concert représente une biographie musicale de tout ce que j'ai aimé», affirme Gatlif qui, pour la réalisation du spectacle, ne voulait donner la priorité ni aux applaudissements ni aux techniciens qui installent un micro. On ne voit donc que très peu le public et la caméra capte de près la densité des regards, l'abandon des artistes et les jeux de pieds qui martèlent le plancher. Plusieurs gros plans font paraître cajons et darbouka, guitares, oud et autres cordes comme de véritables personnages de la pièce.

Vertiges, du flamenco à la transe met le flamenco à l'avant-plan. Un flamenco souvent très rythmique et minimaliste fait de percussions enflammées, de raclements de guitares, de clappements de mains, de voix déchirées et de danse à l'attaque forte. Mais on y voit également quelques pièces plus délicates de musique arabe, une chanson tsigane triste portant sur l'injustice dont sont victimes les gitans et quelques mélanges dans les danses et les rythmes. Assez pour évoquer le voyage comme Gatlif le fait si bien dans ses films.

Vertiges, du flamenco à la transe - Artv, 21h