À voir à la télévision le mercredi 5 novembre - Un roman, un spectacle, un film

Drôle de «bibite» que ce Dracula de John Badham. Dès les premières minutes, les puristes relèveront de nombreuses libertés prises par rapport au roman de Bram Stoker. C'est que ce film-ci est d'abord une adaptation du spectacle de Broadway qui, lui, s'inspirait du séminal bouquin.

De fait, une certaine théâtralité imprègne cette fort jolie version cinématographique dont l'action, malgré de superbes extérieurs tournés dans la campagne anglaise, se cantonne surtout au salon des Seward et dans le hall du manoir du bon comte. Autre touche trahissant les origines du projet, le look de Frank Langella, qui a créé le rôle sur les planches. Avec sa chemise blanche déboutonnée et son impeccable brushing, on le croirait tout droit sorti du Studio 54. Et quand on sait que Badham, le réalisateur, venait de connaître un immense succès avec un certain Saturday Night Fever, on ne s'étonne pas de trouver une scène de rêverie érotique avec des effets de lumière dignes d'une discothèque.

Cela étant, le film possède de nombreux atouts, à commencer par sa distribution. Revêtant la fameuse cape noire au grand écran, Langella apporte intensité et sensualité au personnage. Van Helsing, son ennemi juré, est interprété par nul autre que Sir Laurence Olivier, un gage de qualité, comme on dit. Kate Nelligan n'a jamais été aussi belle qu'ici; elle offre un jeu pareil-lement convaincant. Dans une composition par moments truculente, Donald Pleasance campe (pour ne pas dire «camp») le père de la belle, un an après avoir immortalisé un certain docteur Loomis dans Halloween.

Autres aspects jouant en faveur du film: sa superbe direction photo, ses décors gothiques soignés et la lande brumeuse tout autour. S'il s'agit de la version restaurée par le réalisateur, jetez-y un coup d'oeil sans crainte: la proposition est fort valable.

Cinéma / Dracula - Artv, 21h