Pour la presse écrite - Internet, ni menace ni eldorado

Bruges — «Internet est en train de montrer qu'il ne représente ni la menace ni la chance que nous avions jadis prévues», a conclu l'Association mondiale des journaux (AMJ) au cours de son 55e congrès, qui s'est achevé hier à Bruges.

«La plupart des éditeurs pensent qu'Internet restera très secondaire par rapport au papier, indique l'AMJ. Il est difficile de persuader les lecteurs de lire des contenus en ligne [...] tandis que la publicité sur Internet est montée à 5 % du marché publicitaire.»


Selon l'association, en 2001, il existait en France 39 sites Web de quotidiens (neuf de plus qu'en 2000 et 22 de plus qu'en 1997), 256 en Allemagne, 360 au Mexique et 1207 aux États-Unis...


«Même en temps de récession économique, Internet a une croissance très rapide: plus de visites, plus de recettes. La tendance ne pourra pas être interrompue», constate le consultant Leo Bogart. Selon une étude de l'AMJ portant sur 429 journaux, pour un tiers, les revenus de leurs sites sont restés stables, progressant pour près de la moitié d'entre eux.


Cependant, la plupart des sites continuent de baigner dans l'encre rouge: 58 %, un peu mieux qu'en 2000 (63 %). 17 % seulement génèrent des bénéfices (15 % en 2000). Mais les situations sont contrastées: en Europe, 71 % perdent de l'argent et 7 % sont bénéficiaires; en Amérique du Nord, 35 % en perdent, 39 % en gagnent. En Amérique latine, 58 % perdent et seulement 5 % en gagnent.


Pour M. Bogart, en dépit de cette situation, «le potentiel est extraordinaire». Ainsi, les sites sont de plus en plus visités: en 2000,


19 % des sites recevaient 100 000 visites par semaine et 5 % plus de 500 000. Aujourd'hui, 9 % dépassent ce seuil et 17 % sont entre


100 000 et 500 000. 84 % des sites reposent uniquement sur la publicité et sont gratuits. Cependant, 37 % des sites des plus grands journaux (plus de 500 000 exemplaires quotidiens) font payer un peu. 70 % des sites payants le font pour des services spécifiques et 20 % pour s'abonner.