À voir à la télévision le vendredi 10 octobre - La fin de l'innocence

La situation perpétuellement explosive au Moyen-Orient sert d'arrière-scène à cette fable tragicomique jamais mièvre. Porté par une mise en scène flirtant parfois avec le lyrisme, Les tortues volent aussi fait partie de ces beaux films où la candeur de l'enfance oppose un contraste saisissant aux horreurs de la guerre. On pense aux Jeux interdits, au Vieil Homme et l'enfant et, plus récemment, à l'adaptation des Cerfs-volants de Kaboul (en plus prenant, toutefois).

Fuyant leur village ravagé par la guerre, Agrine, son jeune frère Henkov et le petit Risa se réfugient dans un camp à la frontière de l'Irak et de la Turquie. Là-bas, ils font la connaissance de Soran, un adolescent dégourdi qui mène à la baguette les autres orphelins, qui trouvent pour lui des vestiges de mines antipersonnel dont le commerce rapporte l'argent nécessaire à l'installation d'antennes paraboliques, porteuses, l'espère-t-on, de la nouvelle de la chute de Saddam Hussein. Les tortues volent aussi, c'est également l'éveil à l'amour, mais, plus tragiquement, la découverte qu'un beau visage juvénile peut masquer bien des meurtrissures.

Ancien disciple d'Abbas Kiarostami, l'ex-lutteur d'origine kurde Bahman Ghobadi affirme avec ce troisième long métrage une prédilection pour les histoires singulières, déjà manifeste dans son très beau Un temps pour l'ivresse des chevaux. Encore une fois, le cinéaste fait la part belle à l'enfance et dirige d'une main sûre sa jeune troupe de non-professionnels. Leur naturel enchante, leur destin bouleverse.

Cinéma / Les tortues volent aussi - Télé-Québec, 23h30