À voir à la télévision le lundi 6 octobre - L'autre 11 septembre

Le film commence le 11 septembre. Ce jour-là, les avions militaires survolent Santiago de Chili; la Moneda, le palais présidentiel, est bombardé. On est en 1973, bien entendu, pas en 2001. Ce 11 septembre 1973 sonne le glas de la brève révolution socialiste entreprise par le président Salvador Allende, qui périt dans l'assaut mené contre la Moneda.

Trop d'ennemis: la grande bourgeoisie, la majeure partie de la classe moyenne, les militaires, la CIA, Henry Kissinger et le gouvernement du président américain Richard Nixon, tous effrayés par le «péril marxiste».

Le documentaire intitulé Une promesse aux disparus raconte l'histoire de l'écrivain Ariel Dorfman, un Chilien né en Argentine et ayant vécu une partie de son enfance aux États-Unis, qui devint conseiller culturel d'Allende. Comme il est issu d'une famille juive ukrainienne, l'idée de l'exil ne lui est pas étrangère. Le 11 septembre 1973, Dorfman a le choix entre le martyre sous les bombes dans le palais présidentiel ou l'exil. Après hésitation, il choisit de s'expatrier, se promettant d'écrire sur les milliers de victimes du régime militaire d'Augusto Pinochet.

Il n'arrivera à le faire que plusieurs années plus tard, se sentant longtemps «paralysé». Sa pièce la plus célèbre, La Jeune Fille et la mort, a connu un grand succès international mais a été boudée au Chili. Selon l'écrivain, qui partage son temps entre l'université Duke en Caroline du Nord et le Chili, ce dernier pays vit encore «dans l'ombre» du dictateur, qui a quitté le pouvoir en mars 1990, et ce monde en décembre 2006.

Questions de société / Une promesse aux disparus - Télé-Québec, 21h