McCartney: succès médiatique mondial pour Québec

Dans les médias du Québec, la venue de l’ex-Beatle a été la nouvelle la plus médiatisée depuis une semaine, occupant 5,34 % de l’espace médiatique.
Photo: Jacques Nadeau Dans les médias du Québec, la venue de l’ex-Beatle a été la nouvelle la plus médiatisée depuis une semaine, occupant 5,34 % de l’espace médiatique.

Quelques heures à peine après la prestation de Paul McCartney sur les plaines d'Abraham, on pouvait trouver dans Internet, dans les sites de vidéos comme YouTube et DailyMotion, plusieurs extraits de la soirée.

Et plusieurs médias dans le monde reprenaient hier les dépêches des différentes agences de presse qui avaient couvert la soirée. Ces dépêches commençaient toutes de la même façon: l'ex-Beatle a parlé français!

Pour revoir de petits morceaux de la soirée de dimanche soir, plusieurs internautes ont ajouté hier, tout au long de la journée, de petits extraits captés par cellulaires, souvent de mauvaise qualité.

Mais Le Devoir a pu voir hier après-midi près d'une dizaine de chansons intégrales d'excellente qualité sonore et visuelle, visiblement reprises des chaînes de télévision numériques qui diffusaient le spectacle dimanche soir en faisant payer leurs abonnés. C'était le cas, par exemple, des pièces Hey Jude, Live and Let Die, Yesterday, Let It Be, Birthday ou Got To Get You Into My Life.

Certains internautes ont indiqué que, en cherchant un peu, on pouvait trouver la totalité du spectacle dans les sites de partage de fichiers, les sites «torrents».

Par ailleurs, le passage historique de Paul McCartney à Québec a été couvert par toutes les agences de presse, non seulement La Presse canadienne mais aussi Associated Press et Agence France-Presse (AFP). Plusieurs médias étrangers ont mentionné hier l'événement, reprenant la plupart du temps les textes des agences. C'était le cas, par exemple, de Time, de CNN, de BBC News, de Rolling Stone, de Billboard, de L'Express, du Nouvelobs.

Tous les textes étrangers consultés par Le Devoir mentionnaient le succès de l'événement et la foule de plus de 200 000 personnes, mais ils insistaient surtout sur le fait que McCartney avait parlé français, en faisant directement le lien avec la polémique politique des derniers jours.

Le premier paragraphe de la version anglaise du texte de l'AFP déclarait que Paul McCartney avait démontré sa connaissance «nouvellement acquise» du français lors d'un concert, «qui avait été décrié par les nationalistes québécois comme une seconde invasion britannique».

Traces de polémique

Bref, malgré une revue de presse très favorable envers le concert et envers la foule qui y assistait, la polémique de la semaine précédente avait laissé des traces.

Influence Communication, cette entreprise qui évalue la couverture journalistique, a calculé que, dans les médias du Québec, la venue de l'ex-Beatle a été la nouvelle la plus médiatisée depuis une semaine, occupant 5,34 % de l'espace médiatique (en deuxième place, à 2,18 %, on retrouve le dossier Omar Khadr).

Influence Communication a également calculé que plus de 2600 articles et reportages ont été publiés dans le monde sur le spectacle et la controverse qui l'a accompagné.

Plusieurs médias anglophones ont d'ailleurs insisté sur l'aspect rassembleur de la soirée. The Gazette, par exemple, a titré «Sir Paul fait la conquête de Québec», alors que The Globe and Mail titrait «Quebeckers come together over Paul».

Pour sa part, le maire de Québec, Régis Labeaume, a soutenu hier que le spectacle de Paul McCartney a été l'événement rassembleur dont les célébrations du 400e anniversaire de la capitale avaient besoin.

Jusqu'ici, les fêtes avaient permis de réunir les gens de Québec, mais la prestation de l'ex-Beatle, dimanche, a permis de réunir la population québécoise, a-t-il affirmé. «Ç'a été l'événement rassembleur au-delà de Québec, a-t-il déclaré en entrevue à La Presse canadienne. La première vedette de ces fêtes-là, c'est la population qui participe à plein, mais celui-là, hier [dimanche], a rassemblé tout le Québec (sur place ou à la télévision).»
4 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 22 juillet 2008 08 h 51

    Perception du Québec

    Ceux et celles qui avaient une vague idée de ce qu'est le Québec, comme ceux et celles qui n'en avaient aucune, en ont maintenant une perception claire : un peuple d'expression et de culture à peu près françaises qui fête ses 400 ans de survivance au son du plus grand chanteur anglophone de tous les temps. « Quebeckers come together over Paul », titre le Globe and Mail, un journal de Toronto. Et les têtes heureuses de se réjouir !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Marc A. Vallée - Inscrit 22 juillet 2008 09 h 29

    400 ans, ça se partage.

    La venue de Paul McCartney à Québec dimanche a rappelé à la planète que le Gibraltar américain avait joué un rôle mondial en 400 ans, malgré le fait qu'il était occupé aujourd'hui par une population majoritairement francophone. La venue d'une légende du rock anglais pour fêter le 400e rappelle la venue d'un autre pilier de l'histoire mondiale au Québec en 1967. Alors que le général de Gaulle avait rallié la foule sous le balcon de l'hôtel de ville de Montréal avec son "Vive le Québec libre", Paul McCartney a fait chanter à plus de 200,000 personnes sur les Plaines d'Abraham, ou Parc des Champs de Batailles, "Give peace a chance."

  • André Loiseau - Inscrit 22 juillet 2008 14 h 32

    Emportés par la vague

    Mais, le 400ième, est-ce vraiment une fête nationaliste francophone ou bien celle de la province d'un pays majoritairement anglophone?
    Cette province, ce presque pays demeure entre deux chaises alors que les jeunes de la relève ne voient plus aucun danger en un Québec faussement sécurisé par les boomers à force de lois et à la grâce du temps qui passait.
    La grande vague "anglophonique" nous emportera tous, bientôt, vers le nirvana et l'indifférence sous la houlette du bon pasteur Harper, maître endormeur d'un Québec qu'il a mis dans sa poche.

    Je suis quand même reconnaissant du fait que l'éblouissant Sir McCartney nous aît suffisamment respectés pour ne pas nous brandir l'unifolié sous le nez. C'est un humaniste qui n'a pas besoin de notre argent pour vivre et il a rendu hommage au fait français à sa manière. Il semblait y tenir énormément. Et quel sacré spectacle!

    Il demeure que le grand combat à faire pour un pays qui nous ressemble nous incombe à nous seuls. Si nous le voulons vraiment.
    Mais est-ce encore le cas?
    J'aimerais voir un jour autant d'ardeur et d'enthousiasme se manifester pour la venue d'une nouvelle terre en Amérique...
    Il est permis de rêver et dans toutes les langues.

  • Marc A. Vallée - Inscrit 22 juillet 2008 15 h 15

    La peur de l'excellence

    D'où vient cette habitude québécoise de dénigrer celui qui a réussi? Quand acceptera-t-on que celui ou celle qui réussit nous lance un défi, c'est de réussir à notre tour? Pourquoi dénigrer? Les québécois auront grandi quand ils auront acceptés parmi eux ceux qui auront rayonné au niveau mondial.

    Bien sûr, nous partons de loin. Bien sûr, on nous a marché sur les mains. Bien sûr, nous avons tombé. Mais, nous nous sommes relevés. Celui qui est tombé et s'est relevé a plus de mérites que celui qui n'est jamais tombé.

    Sir Paul nous a montré ce qu'il pouvait faire sur les Plaines. Quel québécois (ou québécoise, peut-être Céline), saura remonter le défi? Sir Paul a rappellé à tous que le site de Québec fait partie du patrimoine mondial. Nous n'en sommes que les dépositaires.