TQS choisit l'offre d'achat de Remstar

TQS a trouvé un acheteur, l'entreprise Remstar, qui veut amener le réseau de télévision «au-delà de la télévision conventionnelle». La direction de la chaîne et les actuels propriétaires de TQS, Cogeco et CTV GlobeMedia, ont donc choisi l'offre d'achat de cette entreprise montréalaise, très active dans la production et la distribution de films québécois et étrangers.

Mais plusieurs étapes doivent encore être franchies avant que la relance de TQS puisse s'effectuer. Le réseau de télévision doit plus de 60 millions à ses créanciers, et le nouveau propriétaire doit présenter d'ici le 31 mars un plan financier pour les satisfaire. Une assemblée des créanciers est d'ailleurs prévue pour le 28 avril.

La direction de TQS doit également présenter devant le CRTC le plan du nouveau propriétaire. «Nous souhaitons que le processus soit terminé en juin, pour entreprendre des changements dès l'automne» explique René Guimond, président du TQS.

«Nous discutons ensemble et nous sommes d'accord sur le fait qu'il faut aller ailleurs qu'en télé conventionnelle, ajoute-t-il. Sans vouloir donner plus de détails, René Guimond a toutefois mentionné que les contenus peuvent être diffusés sur d'autres plates-formes, par exemple sur Internet et en vidéo sur demande.

«Nous sommes contents, bien sûr, mais nous ne savons pas encore ce que Remstar veut faire», indiquait hier Luc Bessette, président du Syndicat des employés de TQS, secteur information.

TQS compte 650 employés, et Remstar devra clairement indiquer ce qu'elle entend faire avec les bureaux régionaux du réseau.

La crise à TQS a commencé à la mi-décembre alors que l'entreprise se plaçait sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, pour éviter la faillite.

Cette protection lui a permis d'assainir ses finances et d'obtenir quatre offres d'achat. Retournant hier devant la Cour supérieure, la direction de TQS a donc expliqué avoir choisi l'offre de Remstar. Trois offres étaient finalement demeurées en compétition, dont l'une d'une firme d'investissement de Toronto, Catalyst, qui s'est présentée hier en cour pour demander au juge de considérer sa propre offre d'achat. La protection de la cour se termine dans une semaine.

Remstar est une entreprise indépendante créée en 1998 par les frères Maxime et Julien Rémillard, qui s'étaient lancés dans l'industrie cinématographique en achetant l'année précédente la société de distribution Prima Films.

Les deux frères sont les fils de Lucien Rémillard, un prospère homme d'affaires qui a fait fortune dans la gestion et le transport de déchets (notamment avec l'entreprise RCI Environnement). Il a ensuite ouvert l'hôtel Le St-James dans le Vieux-Montréal, haut lieu de rencontre des vedettes internationales dans la métropole. Il serait actif dans l'entreprise de ses fils.

Remstar est surtout dirigée par Maxime Rémillard, dans la jeune trentaine, qui occupe le poste de président. Remstar a produit ou financé plusieurs films québécois et étrangers, dont Elles étaient cinq, Ma fille, mon ange, Head in the Clouds avec Penelope Cruz et Charlize Theron, et Battle in Seattle avec Charlize Theron. Remstar produit également avec la France le film consacré à Jacques Mesrine avec Vincent Cassel, et produira le film sur la tuerie de Polytechnique avec Karine Vanasse, ainsi que le premier film de Ken Scott, Les Doigts croches. L'entreprise fait également de la distribution de musique.

À l'automne dernier, le Fonds de solidarité et la Caisse de dépôt et de placement du Québec annonçait qu'ils investissaient dans une division de Remstar, Remstar Media Partners, pour l'acquisition et l'exploitation des droits de distribution de 25 films d'ici cinq ans. La valeur de l'investissement n'a pas été divulguée.

Remstar cherchait à diversifier ses activités: l'année dernière, elle convoitait les quatre hippodromes privatisés par le gouvernement québécois, finalement accordés au sénateur Paul Massicotte.

Avec TQS, Remstar essaiera de relever d'énormes défis. Le réseau perd plus de cinq millions par année, et il a besoin d'au moins vingt millions pour prendre le virage haute définition.

TQS fait face à la basse des revenus publicitaires, qui se déplacent vers les chaînes spécialisées et vers Internet. Ses dirigeants ont également accusé Radio-Canada de lui faire un concurrence déloyale, s'en prenant aussi à la décision de Radio-Canada de désaffilier trois stations régionales du réseau TQS.

Lors d'une audience du CRTC en avril prochain consacrée à la distribution de la télévision, TQS tentera de convaincre l'organisme fédéral de lui accorder l'accès aux redevances des abonnés du câble et du satellite, un accès actuellement réservé aux seules chaînes spécialisées.

TQS fait également partie du consortium qui a obtenu les droits de diffusion des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et de Londres en 2012.

Le prix offert par Remstar n'a pas été dévoilé hier.
2 commentaires
  • Denis Beaulé - Inscrit 11 mars 2008 07 h 00

    Excellent

    Excellente nouvelle.

  • docdave - Abonné 11 mars 2008 09 h 43

    Cohérent

    Le moins qu'on puisse dire du possible achat de TQS par Remstar, c'est qu'il y aurait cohérence dans la manoeuvre : un gestionnaire de déchets qui met la main sur une télé-poubelle!