Télévision - Choisissez votre Elizabeth!

En finira-t-on un jour avec Élizabeth Ire? La «Reine vierge», qui a dominé l'Angleterre pendant 45 ans et carrément donné son nom à son époque, la période élisabéthaine, représente un sensationnel fonds de commerce pour la production cinématographique et télévisuelle.

Sa vie à la fois flamboyante et mystérieuse, son exercice habile du pouvoir et sa personnalité complexe continuent d'être scrutés sous toutes les coutures. Et ce n'est pas nouveau puisque les plus grandes actrices l'ont incarnée au cinéma, dont Sarah Bernhardt en 1912, Bette Davis en 1939, Glenda Jackson en 1971 et, plus récemment, Cate Blanchett dans deux films à près de dix ans d'intervalle, dont le dernier, Elizabeth: l'âge d'or, lui vaut d'être en nomination aux Oscars cette année.

La BBC britannique a produit il y a quelques années une minisérie sur Élizabeth Ire, que Télé-Québec a diffusée chez nous, avec Anne-Marie Duff dans le rôle-titre. Mais cette fois-ci, nous avons droit à une autre production, celle de HBO, avec Helen Mirren, souveraine dans le rôle d'Élizabeth.

Le jeu de mots sur «souveraine» était facile mais fort approprié: la minisérie a remporté trois Golden Globes et neuf Emmy Awards, dont le Emmy de la meilleure actrice en 2006 et le Golden Globe de la meilleure actrice en 2007. Cette même année, Helen Mirren remportait aussi l'Oscar pour son interprétation d'une autre Élizabeth, Élisabeth II, dans le film The Queen. De là à dire que Mme Mirren est abonnée aux rôles de reine... En tout cas, les spécialistes pourront s'amuser à comparer les interprétations de Cate Blanchett et de Helen Mirren (je refuse pour ma part de les départager, étant un fan de ces deux actrices... ).

La minisérie de HBO a été écrite par Nigel Williams et réalisée par Tom Hooper. L'action commence en 1579, alors que la cour d'Angleterre se désespère du fait que la reine, dans la quarantaine, ne se soit pas encore mariée.

Il est toujours fascinant de voir comment les problèmes personnels de la souveraine étaient discutés publiquement à la cour. Chacun suppute ses chances de donner un héritier royal, et le duc d'Anjou lui fait la cour dans le but de susciter une alliance entre l'Angleterre et la France afin de contrer les visées de l'Espagne contre l'Angleterre. Pendant ce temps, le médecin de la reine doit régulièrement vérifier si elle est toujours vierge...

Certaines scènes de cette minisérie visuellement fort réussie sont vraiment présentées comme des tableaux de maître, et c'est un plaisir, bien sûr, de suivre l'interprétation de Helen Mirren.

La minisérie veut explorer les liens entre la vie publique et la vie privée de la reine. Dans une entrevue fort intéressante publiée sur le site Internet de HBO, Helen Mirren rendait compte elle-même de toute la complexité du personnage: Élizabeth Ire était une femme «très féminine, très vulnérable, un peu bête par moments», dit-elle, mais en même temps «incroyablement intellectuelle», avec un «caractère explosif». Elle aimait et détestait avec la même passion, ajoute Helen Mirren, et on imagine le plaisir pour une grande actrice de se plonger dans un tel rôle.

Couverte de prix, cette minisérie était sûrement désirée par plusieurs réseaux de télévision; c'est Historia qui a mis la main dessus, avec beaucoup de fierté.

Elizabeth I - Historia, les lundi 28 et mardi 29 janvier, à 22h