À voir à la télévision le dimanche 6 janvier - Jouer le jeu de l'acteur

La créativité naît parfois de l'ennui. Pendant huit mois, Luc Picard, la vedette des séries Omertà, Simonne et Chartrand, et des films de Pierre Falardeau (Octobre, 15 février 1839), n'a reçu aucune proposition de travail: le téléphone restait désespérément silencieux. Plutôt que de se tourner les pouces, Picard, alors jeune papa, s'est amusé à écrire une lettre pour son fils, lettre qui allait constituer le coeur de son premier scénario, et plus tard de son premier film en tant que réalisateur.

L'Audition (2005) évoque la fascination d'un fier-à-bras pour le métier d'acteur. Lassé de livrer des messages musclés de la part d'usuriers peu scrupuleux, Louis Tremblay (Picard) réussit à décrocher une audition, ainsi que les services d'un comédien de renom, Philippe Chevalier (Denis Bernard), pour préparer sa première performance. Ce rêve, sur le point de devenir réalité, il le cache à sa compagne Suzie (Suzanne Clément), ignorant qu'elle aussi possède un étonnant secret: elle est enceinte mais hésite à mettre au monde un enfant dont le père trempe dans des affaire louches. Et celles-ci vont de plus en plus mal car Marco (amusant Alexis Martin), le complice de Louis, accumule les bévues.

Dans cet hommage au jeu (celui de l'acteur mais aussi ceux de l'enfance, comme si ces deux mondes étaient intimement liés), en partie autobiographique, Luc Picard n'hésite pas à puiser dans ses souvenirs et ses doutes de comédien pour donner vie à ce personnage à la fois sensible et intraitable. Le cinéaste illustre également la douleur de s'extirper d'un monde, celui du crime et des basses besognes, pour se greffer à un autre, plus cultivé et élitiste. Pour Louis Tremblay, ce passage semblait possible mais avec un lourd passé comme le sien, difficile d'éteindre les projecteurs et de laisser tomber le rideau.

Cinéma / L'Audition - Radio-Canada, 19h30

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