Un journaliste de Québec à la tête de la FPJQ?

Québec — Pour la première fois dans son histoire, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) s'apprêterait à élire un président n'oeuvrant pas dans la métropole en la personne de François Bourque, chroniqueur au quotidien Le Soleil.

Hier, M. Bourque a confirmé au Devoir qu'il serait candidat et que le président sortant de la FPJQ, Alain Gravel, l'avait fortement encouragé à le faire. Les membres de la FPJQ doivent se choisir un nouveau porte-parole en fin de semaine à l'occasion de leur congrès annuel qui se déroule au Château Frontenac.

Si aucun autre candidat ne se manifeste d'ici samedi midi, François Bourque sera élu par acclamation. L'actuel président de la FPJQ, l'animateur de télévision Alain Gravel (Radio-Canada), a occupé le poste pendant trois ans.

François Bourque a longtemps siégé au conseil d'administration de la FPJQ, notamment à la vice-présidence. Spécialiste de la politique municipale, il a oeuvré au Journal de Québec pendant près de 20 ans avant d'accepter le poste de directeur de l'information au Soleil en 2001. Il tient aujourd'hui une chronique sur la politique locale, un blogue sur les élections municipales, et il intervient sur de nombreuses tribunes à la radio et la télévision.

Valeurs traditionnelles du journalisme

Rencontré lors d'un point de presse sur la «montréalisation» des médias, M. Bourque a laissé entendre que son éventuelle nomination témoignerait du souci de la FPJQ de la bonne santé de l'information à l'extérieur de Montréal.

D'après lui, «la FPJQ a déjà un intérêt pour la question» et l'arrivée de quelqu'un de l'extérieur de Montréal surviendrait «à un moment où elle veut que ça paraisse plus». Dans un passé pas si éloigné, a-t-il ajouté, «il aurait été difficile d'imaginer la nomination d'un président de l'extérieur de Montréal mais avec l'arrivée d'Internet, c'est beaucoup plus facile».

Peu porté sur «les conflits Montréal-Québec», M. Bourque ne souhaite pas non plus être perçu comme «le porte-parole des régions». «Mon intérêt premier, c'est le respect des valeurs traditionnelles du journalisme», a-t-il souligné.

Néanmoins, il croit important de documenter le phénomène de la montréalisation des médias. «Il faut aller au-delà des perceptions. Beaucoup de gens ont des postes de "journaliste", mais ça peut vouloir dire toutes sortes de choses. Il faudrait savoir, par exemple, combien font de la cueillette de données originales.»

Deux ateliers du congrès 2007 de la FPJQ portent sur des enjeux liés à ces questions. C'est le cas de l'atelier «MédiaMatinQuébec: l'information régionale tatouée au coeur» de samedi après-midi, où on cherchera à établir si «l'outil de pression syndical que veut être MédiaMatinQuébec a changé malgré lui la donne de l'information régionale à Québec».

Un autre atelier se penchera sur l'information régionale samedi. Avec l'aide de nouvelles données colligées par le Centre d'études sur les médias de l'Université Laval, on cherchera à savoir si l'information régionale est en péril.