À voir à la télévision le dimanche 8 décembre - L'institutrice de Saint-Tite

Artv nous met l'âme à la nostalgie en rediffusant, comme ça, juste à l'aube du temps des Fêtes, la série Les Filles de Caleb, que Jean Beaudin, très inspiré, a réalisée en 1990 d'après le roman d'Arlette Cousture. À l'heure où l'avaricieux Séraphin Poudrier tyrannise au grand écran sa pauvre Donalda, cette rediffusion vient également rappeler que, dans le genre, la meilleure télévision québécoise se débrouille mieux que le cinéma.

Dans les trente premières minutes de ce premier épisode de la série (qui en compte dix), Émilie Bordeleau n'a pas encore les traits de Marina Orsini, mais ceux de Lucie Laurier, qui tient le rôle de l'héroïne à l'âge ingrat de l'adolescence. Le scénariste Fernand Dansereau livre dans cet épisode la genèse du personnage, femme dans un monde d'hommes, servante rebelle dans une ferme où tous les besoins passent avant les siens et où l'éducation, si chère à ses yeux, passe au second rang aux yeux de son père qui trouve son aînée décidément bien prétentieuse.

«Moi, je pense qu'on n'en sait jamais assez», répète la jeune héroïne à sa meilleure amie Berthe avant que le rideau ne se lève sur sa vie d'institutrice dans une école perdue d'un rang de Saint-Tite. Émilie, 18 ans, a du mal à imposer son autorité auprès d'une classe manipulée par les grands gars de 16 ans. Un de ceux-là (Roy Dupuis), on le verra, ne la laisse pas indifférente, et ce sentiment, pour son grand désespoir, est réciproque. On connaît la suite, mais rien ne nous empêche de faire semblant...

Les Filles de Caleb

Artv, 19h