À voir à la télévision le lundi 6 août - Mémoires d'Hibakushas

À pareille date en 1945, Little Boy semait la mort à Hiroshima. Trois jours plus tard, Fat Man faisait de même à Nagasaki. Officiellement, l'usage de la bombe atomique n'avait qu'un but: forcer la capitulation rapide du Japon pour éviter un nouveau bain de sang aux soldats. Officieusement toutefois, l'objectif des Américains était double, raconte l'étonnant Dr Hida, un médecin militaire japonais qui, malgré ses 80 ans passés, continue à soigner les hibakushas, dont la vie a été bouleversée à jamais par les radiations.

Sensible et remarquable de retenue, son témoignage forme l'épine dorsale de Blessures atomiques, un documentaire scientifique poignant qui lève le voile sur ce qui a toutes les allures d'un laboratoire destiné à étudier les effets de la radioactivité sur l'être humain. Dans les mois qui suivent le largage des deux bombes, les Américains dépêchent en effet des médecins et des scientifiques qui fonderont bientôt la très secrète Atomic Bomb Casualty Commission (ABCC). Théoriquement, ils sont là pour soigner les milliers d'hibakushas. «En réalité, ils n'étaient pas traités, mais observés», raconte le Dr Hida.

Il n'est pas le seul à dénoncer pareille attitude. Plusieurs voix se sont élevées depuis pour critiquer les manières de faire de l'ABCC, dont la plus célèbre reste sans doute celle de l'épouse du président Roosevelt, qui s'est indignée très tôt du sort réservé aux hibakushas. Longtemps honteux de cette maladie qui les mine à petit feu, ceux-ci ont heureusement appris à dénoncer les abus d'hier. En leur donnant la parole, le cinéaste français Marc Petitjean non seulement brise leur silence, mais il en rajoute en ressuscitant des images d'archives déclassifiées qui donnent froid dans le dos. À voir et à revoir, pour ne pas oublier.

Téléscience / Blessures atomiques, Télé-Québec, 20h