Un journaliste en colère

Le journaliste Paul Larocque de TVA est en colère contre la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et il songe même à poursuivre l'organisme. La raison? Dans le programme de son congrès annuel, qui commence demain à Québec, la FPJQ a mis en première page un photo de Paul Larocque dans une chaloupe à la pêche avec Mario Dumont, photo censée illustrer un texte sur «les médias et le cynisme des électeurs».

Le programme du congrès, qui contient des textes de réflexion sur l'état du journalisme au Québec, est distribué aux membres de la FPJQ (ils sont plus de 1500). Il est imprimé cette année par Le Journal de Québec. Et la photo est tirée d'un reportage que Paul Larocque avait réalisé l'été dernier, alors qu'il avait suivi les trois chefs politiques du Québec dans des activités estivales pour tenter de les montrer sous un jour différent. La photo donne l'impression qu'il est très copain avec le chef de l'ADQ.

Le vice président information et affaires publiques de TVA, Philippe Lapointe, a écrit à la présidente de la FPJQ Anne-Marie Dussault pour se plaindre de cette page couverture, faisant valoir que son journaliste subissait une «culpabilité par association, un procédé honteux à l'encontre de l'éthique journalistique la plus élémentaire», dit-il. Il soutient d'ailleurs que la photo a été obtenue de TVA sous une fausse représentation.

Philippe Lapointe estime que la présentation de cette page couverture «porte atteinte à l'intégrité professionnelle de Paul Larocque».

Paul Larocque, lui, a déclaré au Devoir que «la FPJQ plaide pour de hauts standards en éthique journalistique mais j'aimerais qu'elle applique à elle-même ces standards». Hier il n'excluait pas de porter la cause devant le Conseil de presse du Québec.

Pour tenter de calmer le jeu la FPJQ distribuera lors de son congrès ce week-end la lettre de Philippe Lapointe ainsi qu'une note des deux responsables du journal du congrès, les journalistes Jeff Heinrich et Mathieu Perreault, qui admettent qu'il auraient «du mettre en contexte la photo de une» et qui affirment regretter «cette erreur» disent-ils. Bref, une petite histoire qui fait jaser...pour un congrès déjà très chargé, qui doit étudier la possibilité de demander au gouvernement d'adopter une loi sur le statut de journaliste professionnel.