Jan Wong paie encore pour son texte sur Dawson

Absente des pages du Globe and Mail, affectée par la controverse au point de frôler la dépression, il semble que la journaliste Jan Wong subisse encore aujourd'hui les contrecoups de son article écrit au lendemain de la tragédie du collège Dawson, à Montréal.

Un très long reportage publié dans la dernière édition du magazine Toronto Life revient sur les dessous d'une histoire qui avait fait couler énormément d'encre l'automne dernier. On se rappellera que la chroniqueuse, une des plumes les plus influentes du quotidien torontois, avait laissé entendre qu'il existait un lien entre la loi 101 et les tueries de l'École polytechnique, de Concordia et de Dawson, sous prétexte que les trois auteurs de ces fusillades avaient été marginalisés par une société valorisant plutôt les «pure laine», ce qu'aucun d'eux n'était.

Au Québec, la réaction des éditorialistes et des chroniqueurs avait été cinglante. Jean Charest et Stephen Harper avaient demandé des excuses au Globe and Mail. Le journal avait ainsi reconnu dans un éditorial nuancé qu'il n'existait «aucune preuve» pour appuyer les propos de Mme Wong. Le 23 septembre 2006, le rédacteur en chef du Globe, Edward Greenspoon, écrivait plus clairement que les éléments d'opinion contenus dans le texte de Mme Wong n'auraient jamais dû être publiés.

Détérioration des relations

Ce que révèle le Toronto Life (qui a mis la main sur un document syndical interne au Globe), c'est que M. Greenspoon avait lu le texte de Jan Wong avant sa publication, en compagnie d'autres cadres. Il semble qu'on aurait demandé à la journaliste d'étayer ses propos relatifs au débat linguistique, mais sans trop d'insistance. On indique ainsi que la direction n'était pas en désaccord total avec ce qu'écrivait Mme Wong.

Le magazine torontois détaille ensuite la détérioration des relations entre la journaliste-vedette et ses employeurs: comment on lui aurait interdit de parler aux médias alors qu'elle était attaquée de toutes parts, comment le déluge de critiques et d'insultes qui a suivi a miné le moral de Mme Wong, la forçant à se retirer chez elle, légèrement dépressive, pourquoi on n'a donc pas revu sa signature dans les pages du journal depuis lors, etc.

Le syndicat du journal a récemment lancé une procédure pour faire en sorte que l'absence de Jan Wong soit considérée comme un congé de maladie (alors que le quotidien estimerait plutôt qu'il s'agit d'un congé consacré à la rédaction d'un livre), qu'elle reçoive une indemnisation financière et qu'on lui assure un retour au travail sans peur de subir des représailles.

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