À voir à la télévision le vendredi 2 mars - Le marché de la peur

Les ventes de systèmes de sécurité (dont les caméras cachées dans les maisons pour surveiller la gardienne!) sont en hausse. Le sentiment d'insécurité grandit. Pourtant, les statistiques montrent qu'au Québec, le taux d'homicide est en baisse, que les rues sont plutôt sûres et que, par exemple, les cas d'enfants disparus ne sont à peu près jamais liés à des inconnus.

«La peur est une drogue», constate le publicitaire Jean-Jacques Stréliski. La peur attire l'attention, et c'est une marchandise très bien commercialisée.

La peur, voilà un sujet de documentaire plutôt original, exploré ici par la réalisatrice Louise Lemelin pour les Productions Virage. Le propos est un peu éparpillé et a tendance à embrasser trop large. Mais on y trouve quelques idées intéressantes.

Par exemple, le fait que la sécurité, selon un porte-parole de l'Association canadienne de la sécurité, c'est «très émotif». C'est «un climat» qui prospère aussi lorsque l'économie va moins bien. La peur est également alimentée par les faits divers qui passent en boucle et à satiété sur les chaînes d'information. Depuis quelques années, une peur sourde et constante est alimentée par le terrorisme, dont l'objectif premier est justement de créer un climat d'insécurité. Des chercheurs américains constatent d'ailleurs que le mot «peur» lui-même est de plus en plus présent dans le discours politique (y compris au plus haut sommet, dans les discours du président Bush), dans le discours public et dans le discours médiatique. La peur est-elle liée à la dégradation du tissu social? Vaste question, que le documentaire effleure.

Zone libre / Quand la peur nous tient Radio-Canada, 21h

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