À voir à la télévision le mercredi 28 février - Collé à la tradition

D'après des rapports récents d'Amnesty international, il y aurait entre 100 et 130 millions de femmes et de jeunes filles excisées dans le monde, principalement dans une trentaine de pays africains. Devant ce constat désolant, le film Moolaadé, qui s'inspire de l'histoire vraie d'une rébellion de femmes d'un petit village contre cette tradition, permet de croire en des lendemains meilleurs.

Ce long métrage sénégalais tourné au Burkina Faso se passe dans une petite bourgade où les femmes qui ne sont pas «purifiées» ne trouvent pas de maris parce qu'on leur reproche de ne pas pouvoir faire d'enfants ou de sentir mauvais... Mais surtout parce que, selon les roitelets du village, cette pratique est exigée par l'islam.

C'est dans ce contexte que quatre fillettes qui s'apprêtaient à passer sous la lame des exciseuses se sauvent et trouvent refuge chez Collé, la seule femme du village à avoir refusé que sa fille unique se fasse «couper». La valeureuse Collé (interprétée avec conviction par Fatoumata Coulibaly) invoque le moolaadé, le pouvoir d'accorder protection à ceux qui sont en fuite, un sort qui tient jusqu'à ce que l'instigateur récite la formule qui en annule l'effet.

On suit donc les aventures de cette mère Courage et de son village, dont les dirigeants feront tout pour lui faire prononcer la parole magique et ainsi faire rentrer les choses dans l'ordre, au point de priver toutes les femmes de leur seul contact avec l'extérieur, leurs précieuses radios, qu'ils brûleront sur la place devant la mosquée. À notre plus grande joie (et soulagement) de spectateur (mais surtout de spectatrice), la solidarité féminine triomphera.

Ce film d'un doyen du cinéma africain, le Sénégalais Sembène Ousmane, captive malgré un rythme relativement lent et choque parfois (une scène d'excision est à la limite du supportable pour les âmes sensibles). Mais surtout, il nous donne quelques raisons d'espérer une amélioration du sort des femmes dans ce continent trop souvent oublié.

Cinéma / Moolaadé, Artv, 19h30

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