Télévision - L'avenir du FCT reste en suspens

Après Vidéotron la semaine dernière, Shaw Communications a annoncé hier qu'il reprenait le versement de ses contributions au Fonds canadien pour la télévision (FCT). La crise du financement de la télévision n'est cependant pas terminée, car le président de Shaw, Jim Shaw, a averti que le FCT devra déboucher sur la production d'émissions que la population «a envie de regarder», sans quoi il ne l'appuiera pas longtemps.

Quant au président de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, il a continué à répéter que Quebecor n'était plus intéressée à contribuer au FCT. «Nous sommes d'avis que l'entreprise privée, plutôt qu'une structure bureaucratique, est beaucoup mieux placée pour le faire», dit-il.

Jim Shaw et Pierre Karl Péladeau comparaissaient hier devant le comité parlementaire de Patrimoine Canada à Ottawa. La même journée, le CRTC annonçait la création d'un Groupe de travail sur le FCT, présidé par Michel Arpin, un des vice-présidents du CRTC, et constitué de quatre membres du CRTC.

Ce groupe de travail devra trouver une solution à long terme aux problèmes du FCT, notamment en examinant sa structure et la meilleure façon d'utiliser les contributions des distributeurs. Il mènera des consultations jusqu'au 27 avril, tiendra peut-être des audiences publiques, et l'ensemble du processus devra être terminé le 31 août.

Le CRTC attendait clairement que Quebecor et Shaw reprennent le versement de leurs contributions avant de s'engager dans toute réflexion sur le sujet.

La comparution de Jim Shaw hier s'est faite dans une atmosphère hostile, alors que les députés membres du comité du patrimoine ont critiqué ses méthodes musclées.

Le député néo-démocrate Charlie Angus lui a demandé ce qui arriverait à son abonnement au câble s'il refusait de payer sa facture mensuelle, sous prétexte que la programmation offerte n'était pas de qualité suffisante.

Jim Shaw a expliqué que le Fonds n'était pas «efficace» parce que trop peu de programmes produits grâce à lui se hissent au palmarès des émissions les plus populaires. «Il n'y a aucune preuve que l'argent injecté dans le système débouche sur des émissions qui remportent un succès avec l'auditoire canadien», a-t-il déclaré.

Alors qu'on lui demandait si, selon lui, l'efficacité se mesurait à l'aune des cotes d'écoute, M. Shaw a répondu: «Tous les Canadiens veulent regarder des émissions à l'américaine, alors pourquoi n'en produisons-nous pas? Nous faisons à la place des Little Mosque on the Prairie que personne ne regardera!»

Quant à Pierre Karl Péladeau, son appel à une réforme en profondeur des systèmes de financement de la production canadienne a été reçu par les députés avec beaucoup de scepticisme, plusieurs disant craindre pour la souveraineté culturelle du Canada.

M. Péladeau propose de créer son propre Fonds Quebecor, doté de contributions plus importantes, mais qui financerait uniquement les productions de Quebecor pour toutes les plates-formes.
2 commentaires
  • Jean Dansereau - Inscrit 21 février 2007 06 h 16

    Le même éternel combat

    Le combat initié par les diffuseurs est toujours le
    même combat entre l'appât du gain et le développement culturel.
    On pourrait dire que si les diffuseurs offraient des oeuvres
    d'une plus grande valeur , ils pourraient réunir des auditoires plus vaste parmi les spectateurs qui en ont assez de leurs émissions dont le contenu se place au plus bas de
    l'échelle. Pourquoi se compliquer la vie quand il est plus facile de s'enrichir en étant simpliste ?

    Le fond de télévision maintient un équilibre essentiel.
    C'est peut être un examen de la valeur des contenus
    des diffuseurs privés qu'il faut entreprendre ?


    Jean Dansereau
    cinéaste et producteur indépendant.

  • - Inscrit 21 février 2007 08 h 38

    Fonds publiques DÉTOURNÉS

    Les gens de QUÉBÉCOR pour ne pas nommer personne en particulier sont experts en DÉTOURNEMENT de fonds publiques. Ben oui! Ils ont détournés plus de 2 milliards lors de l'acquisition de Vidéotron, engageant dans la MÉSaventure la Caisse de Dépôts du Québec, la caisse de retraite des employés de l'État du Québec. Le FCT, c'est de la petite bière, et c'est surtout une répétition de la démonstration de la folie du capitaliste sauvage sur le dos des autres, en particulier des plus petits. L'ARGENT (des autres), C'EST LE BONHEUR!