Médias - La tragédie du Collège Dawson a suscité la plus importante couverture journalistique cette année

La tragédie du Collège Dawson a suscité la plus importante couverture journalistique au Québec en 2006, mais le dossier du mont Orford a été la nouvelle québécoise la plus soutenue, celle qui s'est retrouvée le plus longtemps en haut de l'actualité.

Ces données se retrouvent dans le bilan annuel d'Influence Communication, un important «courtier en nouvelles» de Montréal qui assure un service de veille et d'analyse médias pour plusieurs grandes entreprises canadiennes.

Chaque jour, Influence Communication compile la couverture journalistique de tous les journaux, de la radio et de la télévision et celle de plus de 500 sites Internet au Canada.

Selon le bilan annuel de cette entreprise publié ce matin, la tragédie du Collège Dawson a suscité au Québec «la plus importante concentration de couverture» depuis les événements du 11 septembre 2001.

La tragédie de Dawson a accaparé 48 % de toutes les nouvelles pendant les 24 premières heures, et 11,47 % de toutes les nouvelles en sept jours. L'ensemble des médias québécois ont traité cette nouvelle plus de 5700 fois pendant une semaine (par comparaison, le 11 septembre 2001 avait accaparé 55 % des nouvelles les 24 premières heures, et 21 % en sept jours).

Selon Influence Communication, les cinq nouvelles qui ont occupé le plus de place dans les médias en 2006 ont été, dans l'ordre, la tragédie de Dawson, l'élection fédérale de janvier, l'effondrement du viaduc de la Concorde à Laval, les attentats de Londres et la dernière semaine des Jeux olympiques de Turin.

Mais certains autres sujets d'actualité sont également fort privilégiés. Ainsi, la guerre en Irak a été le dossier «le plus récurrent». Et le dossier du mont Orford, lui, s'est retrouvé pendant plus de trois mois dans le top 5 hebdomadaire des nouvelles qui font l'actualité, ce qui en fait la nouvelle «la plus soutenue», selon l'entreprise.

Poids médias

Le groupe calcule le poids des nouvelles dans les médias, et non le ton ou le contenu des nouvelles. Il reste que ces statistiques présentent des aspects inédits. Ainsi, le volume des nouvelles s'accroît, puisque les médias québécois ont traité 12 % de plus de nouvelles en 2006 par rapport à l'année précédente.

Mais la vie active d'une nouvelle décroît sans cesse. Ainsi, il y a dix ans, 69 % des nouvelles avaient une durée de vie de 24 heures, et 25 % des nouvelles s'étendaient sur plus de 72 heures. En 2006, 85 % de l'actualité disparaît après 24 heures, alors que seulement 10 % des nouvelles suscitent encore l'attention des médias après 72 heures. En dix ans, écrit Influence Communication, la durée de vie moyenne des nouvelles a chuté d'environ 15 %.

Il arrive aussi qu'une nouvelle prenne son importance seulement après quelques jours, et le cas de la crise au Liban en est un exemple frappant (dans les médias québécois, il s'agit d'ailleurs de la sixième nouvelle en importance, après les cinq nouvelles mentionnées plus haut). La première journée de cette crise avait un «poids médias» de 3,23 %, alors qu'après une semaine son poids était de 6,39 %.

Enfin, une petite statistique amusante: selon Influence Communication, le scandale des commandites est vraiment la nouvelle des années 2000, car, après plus de quatre ans, ce dossier est devenu le plus important «en terme de volume et de longévité». Depuis 2002, 87 932 articles de journaux ont été publiés au Canada sur ce dossier, dont 28 % au Québec. Et on ne parle même pas encore des médias électroniques...
1 commentaire
  • Jean-Pierre Paré - Inscrit 19 décembre 2006 06 h 20

    Comment fonctionne le pèse-nouvelles ?

    Je serais curieux de savoir comment on mesure ce «poids des nouvelles». Si c'est à l'aune de leur présentation au bulletin TV, par exemple, alors ça n'a vraiment que très peu de signification. Quand on nous bassine pendant trois jours de temps avec la même manchette sur le fait que le temps est plus doux que d'habitude, on peut se poser de sérieuses questions sur le jugement du chef de pupitre et sur l'utilisation de ses ressources journalistiques. On atteint là un autre sommet du populisme, dans le sens le plus péjoratif du terme : tout le monde en parle, alors parlons-en, surtout que ça coûte pas cher !