À voir à la télévision le vendredi 22 décembre - La Chinoise

Disney s'aventurant jusqu'en Chine impériale? Les studios Disney étant davantage enclins à explorer le fond des mers, le cosmos, et surtout les classiques de la littérature occidentale, cette incursion asiatique nommée Mulan (1998) avait de quoi surprendre. Ils se devaient pourtant de faire preuve d'audace, ou donner une illusion de renouveau, car à l'époque le monopole artistique et économique de Disney commençait sérieusement à s'effriter, alors que d'autres studios — grâce à de nouvelles techniques d'animation — ne souhaitaient plus leur laisser occuper tout l'espace.

S'agit-il aussi d'un réquisitoire féministe? On pourrait le croire tant le personnage de Mulan, une jeune fille volontaire, semble prête à tout pour s'extirper d'un carcan social étouffant. Mais pour sa famille, son comportement n'est qu'objet de honte. Il faudra l'arrivée brutale des Huns aux portes du pays pour qu'elle puisse regagner la confiance d'un père désespéré et malade, forcé de servir sa patrie par les armes. Pour sauver d'une mort certaine celui qu'elle admire, elle décide de rejoindre à sa place l'armée impériale, et ce, déguisée en homme; une autre bravade qui, une fois découverte, pourrait lui coûter la vie. Comme l'habit ne fait ni le moine ni le guerrier, l'entraînement sera rude pour Mulan, même secondée par un dragon verbomoteur, et gaffeur, qui lui sert d'ange gardien.

Librement inspiré de la légende de Hua Mulan, le film de Tony Bancroft et Barry Cook fera évidemment sourciller les sinologues avec ses emprunts à la culture japonaise et ses approximations historiques. Sans compter que, pour une femme capable de sauver l'empereur, et toute la Chine, en un tournemain, elle sacrifie rapidement son indépendance pour trouver l'amour. Une coutume d'un autre empire, celle de Walt Disney...

Cinéma / Mulan, Radio-Canada, 19h