À voir à la télévision le mardi 19 décembre - Tous l'adorent encore

Ses caprices, ses névroses et ses retards pendant le tournage de Certains l'aiment chaud (Some Like It Hot, 1959) sont devenus légendaires, et pourtant Marilyn Monroe brille de tous ses feux dans cette merveilleuse comédie de Billy Wilder. Tenace, le réalisateur avait même réussi à convaincre la star d'«oser» tourner en noir et blanc, elle qui croyait que l'éclat de sa beauté ne pouvait triompher qu'en couleurs...

Certains l'aiment chaud, ce n'est pas que le récit de deux musiciens de Chicago pourchassés jusqu'en Floride par des gangsters à l'époque de la prohibition. Il s'agit d'un fabuleux prétexte pour traiter de sujets autrement plus «chauds», de la sexualité au travestissement en passant par l'homosexualité, déjouant avec une habileté redoutable le fameux code Hays. Car pour sauver leur peau, Jerry (Jack Lemmon) et Joe (Tony Curtis) troquent le tuxedo pour la robe du soir et se joignent à un orchestre féminin... Ils deviennent alors les «grandes copines» de la plantureuse Sugar (Monroe dans toute sa splendeur), à qui on ne peut rien refuser lorsqu'elle chante «I Wanna Be Loved By You».

Non seulement ce chef-d'oeuvre de Wilder — qui en compte plusieurs à son actif, dont Double Indemnity et Sunset Boulevard — ne laisse au spectateur aucun répit, tant le rythme est trépidant, mais il bouscule sans cesse les préjugés. Avant la révolution sexuelle, Certains l'aiment chaud fracasse tous les tabous, tortille les ciseaux des censeurs et surtout célèbre une pluralité d'expressions de l'amour, où l'ambiguïté a sa place. À la fin des années 1950, il fallait avoir un sacré culot pour faire voler en éclats des modèles jugés alors parfaits et immuables, ou trouver des vertus aux mariages... entre conjoints de même sexe. «You're not a girl! You're a guy!, lance Curtis à Lemmon. Why would a guy want to marry a guy?» Et Lemmon de répondre: «Security!» Un précurseur, ce Wilder...

Cinéma / Certains l'aiment chaud, Radio-Canada, 23h