RDS, le nouveau grand concurrent des chaînes généralistes

Diffusion de matchs de hockey en HD (haute définition) à l'automne 2007, diffusion d'une partie de la programmation sur Internet dès janvier, négociations pour pouvoir ensuite diffuser les parties des équipes professionnelles de sport sur la Toile, le grand patron du Réseau des sports (RDS) voit grand.

«Nous ne sommes plus une chaîne spécialisée, nous sommes une chaîne généraliste dans le sport», lance Gerry Frappier, président et directeur général de RDS, qui prévoit une véritable «explosion de la haute définition» au Québec quand sa chaîne s'y mettra.

Gerry Frappier était l'un des invités d'un colloque sur l'avenir des chaînes spécialisées, organisé hier matin à Montréal par le groupe Info-Presse. Un colloque qui tombait pile, alors que le CRTC tient cette semaine des audiences sur l'avenir de la télévision conventionnelle, qui perd de plus en plus d'auditoire devant les chaînes spécialisées et qui voudrait obtenir les mêmes redevances d'abonnement des distributeurs que ces dernières.

Le patron de RDS ne veut pas commenter pour le moment les discussions en cours devant le CRTC. Mais sa chaîne, de loin la plus populaire de toutes les chaînes spécialisées, est un succès qui fait mal aux chaînes conventionnelles.

En fait, RDS est devenu le quatrième réseau au Québec pour ce qui est des cotes d'écoute. Les grands réseaux conventionnels doivent maintenant en tenir compte dans leurs stratégies de programmation.

Dans le dernier rapport hebdomadaire BBM de l'écoute télévisuelle, celui du 13 au 19 novembre, la part de marché générale de RDS, auprès de l'ensemble du public, frôle 8 %. C'est énorme, si l'on considère que la part de marché individuelle des autres chaînes spécialisées se situe toujours entre 1 % et 3 %. La part de Radio-Canada cette semaine-là était de 13,1 %, celle de TQS de 14,1 % et celle de TVA de presque 28 %.

Alors qu'une émission diffusée sur une chaîne spécialisée attire rarement plus de 100 000 téléspectateurs, RDS compte «plus de 200 événements par année» qui sont regardés par 300 000 téléspectateurs, affirme Gerry Frappier. Dans la semaine du 13 au 19 novembre, le match du Canadien de Montréal le samedi soir a attiré 840 000 personnes. C'est plus que plusieurs séries de fiction connues sur les grands réseaux.

«La part de marché de l'ensemble des chaînes spécialisées totalise environ 34 %, ajoute Gerry Frappier, mais elle va encore augmenter, parce que le numérique est loin d'avoir fait le plein au Québec.»

La popularité du hockey

RDS est la chaîne spécialisée la plus écoutée grâce à la popularité du hockey, qui attire de nouveaux amateurs plus jeunes et qui est redevenu excitant. Les projets de la chaîne frappent donc l'imagination, parce qu'ils pourraient encore plus menacer l'écoute de la télévision conventionnelle.

Ainsi, RDS prévoit diffuser des parties du Canadien de Montréal en HD à l'automne 2007, ce qui pourrait entraîner encore plus de consommateurs vers la haute définition... et vers RDS.

En janvier prochain, la chaîne commencera également à diffuser ses émissions régulières sur Internet, et «un contenu visuel sur mesure». Pas question encore de diffuser des matchs professionnels sur la Toile, mais on s'en approche.

«Je négocie actuellement une réouverture de l'entente avec la Formule 1», indique Gerry Frappier au Devoir, pour examiner la possibilité de diffuser des compétitions de Formule 1 sur Internet l'année prochaine. La saison de football canadien vient de se terminer et, «dans les négociations pour la prochaine saison, on veut aussi en arriver à diffuser un match des Alouettes sur Internet», ajoute-t-il.

«Je suis certain qu'on arrivera un jour à pouvoir écouter un match de hockey sur Internet», prédit-il.

RDS fait également partie, comme TQS, de l'énorme consortium de Bell et Rogers qui a obtenu les droits de diffusion des Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver.

Le contrat prévoit, pour la première fois, la diffusion sur plusieurs plateformes technologiques, et RDS se prépare à diffuser des événements olympiques tant sur Internet que sur le cellulaire, en plus d'à la télévision.

On sait que, puisque Radio-Canada n'a pas les droits de ces Jeux, plusieurs francophones hors Québec se sont indignés de ne pas y avoir accès. «Nous avons offert à Radio-Canada de prendre gratuitement le signal de TQS hors Québec, explique Gerry Frappier. Pour le moment, ils ont refusé, mais l'offre tient encore.»