Erre en roulant les r

Une nouvelle publication montréalaise circule depuis quelques mois. Erre doit se prononcer en roulant bien les r, puisqu'elle s'adresse à la communauté latino-montréalaise.

Lancé officiellement il y a une quinzaine de jours par trois étudiants universitaires, le magazine trimestriel avance des réponses à la question: Que signifie être Latino à Montréal? Mauricio Garzon, Martin Vasquez et Edisson Triana ne cherchent ni à théoriser la question identitaire, ni à faire une revue objective de l'actualité latino-montréalaise.

Ils proposent plutôt des incursions dans le quotidien des Latino-Américains de la métropole, dans l'histoire particulière et subjective de leur exil, prenant le parti de la diversité de leur communauté. Ces récits prennent la forme de portraits de gens qui ont rêvé leur avenir ici, puis déchanté ou réussi — dans une série intitulée Canadian Dreams —, de capsules s'amusant à démonter les clichés véhiculés sur cette communauté, de clins d'oeil à ce qui la définit, d'entrevues avec des artistes importants de sa culture d'origine ou d'attache. Quelques textes paraissent en portugais et en français, mais la plupart sont écrits en espagnol.

Il est rare qu'une communauté culturelle s'offre un magazine qui dépasse le simple journal ou guide publicitaire. Distribué gratuitement, Erre cumule deux numéros d'une vingtaine de pages chacun, imprimés sur papier glacé. La facture urbaine et soignée du design plaît à l'oeil et flirte avec le kitsch sans y succomber tout à fait.

Les collaborateurs se multiplient depuis le lancement, même s'ils travaillent bénévolement. Le trio éditorial fonctionne pour l'instant grâce à des subventions des programmes Jeunes volontaires du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale et Initiatives étudiantes de la FAÉCUM (Fédération des Associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal).