À voir à la télévision le samedi 18 novembre - Un homme en colère

Le succès de Tigre et dragon a permis au cinéaste Ang Lee de s'aventurer sur le terrain du blockbuster estival, qui rime avec budget démesuré, effets spéciaux à la pelle et marketing aussi énergique qu'un superhéros aux pouvoirs déréglés. Heureusement, il n'allait pas s'en laisser imposer, livrant sans doute un des films les plus inspirés de l'univers de Marvel Comics. Car Hulk, ce n'est pas qu'une affaire de gros bras et de monstre vert lâché lousse dans la nature, mais un regard sur le pouvoir de la colère, causée entre autres par une blessure d'enfance jamais refermée.

Cette blessure, Bruce Banner (Eric Bana) n'arrive pas à la guérir et elle teinte la relation de ce scientifique, spécialiste du nucléaire, avec une collègue (Jennifer Connelly) qui est en fait son ex-copine. Après un accident où Banner fut soumis à de fortes radiations, tous sont étonnés qu'il en soit sorti sain et sauf. Or sa survie s'explique par son bagage génétique, modifié par son propre père (Nick Nolte) au cours d'une expérience dangereuse dans les années 60. Mais voilà que l'homme se transforme en monstre dès qu'il est contrarié... Certains y voient un ennemi à abattre et d'autres, une intéressante source de profits pour des guerres d'un nouveau genre.

Non seulement Ang Lee ne camoufle jamais l'origine de cette histoire, reproduisant avec adresse l'esthétique de la bande dessinée, mais il injecte aux personnages des tourments intérieurs qui leur donnent une complexité étonnante. Et surtout, Lee prend son temps pour bien décrire tous les rapports troubles de Banner avec son entourage, à commencer par celui, douloureux, avec son père. Cette dimension psychologique fut déroutante pour un public ne souhaitant que tout voir voler en éclats. Raison pour laquelle Hulk fut un échec cuisant et a forcé le cinéaste à tourner un film à petit budget sur une histoire d'amour qui faisait peur à bien des producteurs: Brokeback Mountain. On connaît la suite.

Cinéma / Hulk. TVA, 18h30