Télévision - Zone libre lève le voile sur les médecines alternatives

À faire dresser les cheveux sur la tête. C'est le résultat de l'enquête menée ce soir par l'émission Zone libre de Radio-Canada sur les médecines alternatives. Le téléspectateur en verra de toutes les couleurs.

Le journaliste Luc Chartrand et son équipe ont en effet découvert une thérapeute qui établit son diagnostic en mesurant avec un appareil bizarre la «résistance électrique» des points d'acupuncture et qui a conseillé à une femme souffrant d'hypertension grave d'abandonner tous ses médicaments.

Autre cas: un thérapeute qui fait lever le bras dans les airs pour tester la résistance de votre corps à un médicament placé contre l'abdomen. Du pur délire. Grâce à ce test, Luc Chartrand s'est d'ailleurs fait prescrire pour un problème de glaucome une bouteille qui contenait du solvant de vernis à ongles. Excellent remède pour les yeux...

Tous ces soi-disant thérapeutes ont pignon sur rue. Zone libre a également découvert en vente libre des produits naturels interdits par Santé Canada, certains contenant des bactéries.

Pour mener son enquête, l'émission n'a pas hésité à utiliser les caméras cachées, à déguiser son journaliste et à ouvrir un commerce fictif de produits naturels pour piéger les représentants des produits.

Mais l'émission n'est pas une charge sans nuances. Ainsi, on présente une clinique de Québec où un omnipraticien «officiel», Paul Lépine, qui enseigne aussi à la faculté de médecine de l'Université Laval, travaille de concert avec des thérapeutes alternatifs pour partager les connaissances. Et certains produits ne sont pas nuisibles: la glucosamine, par exemple, semble avoir un effet bénéfique réel.

Plusieurs thérapeutes du milieu des médecines douces souhaitent de tout coeur que le ménage soit fait dans leur profession. La porte-parole d'une association de naturopathes affirme que le milieu compte 80 % de charlatans et souhaite que Québec réglemente mieux sa profession.

Car la majorité des pratiques reliées aux médecines alternatives ne sont pas régies par un ordre professionnel. Les diplômes douteux abondent, les pratiques ne sont pas encadrées et Santé Canada n'arrive pas à fournir à la demande lorsqu'il faut évaluer les nouveaux produits mis en marché. Un marché de 2,5 milliards de dollars qui grossit sans cesse au Canada.

Le Devoir

- Zone libre enquêtes - Les Ratés des médecines douces, ce soir à Radio-Canada, 21h, demain à RDI, 22h.