En bref - Décès de l'académicien et ancien journaliste du Monde Bertrand Poirot-Delpech

Paris — La direction du quotidien français Le Monde a rendu hommage à Bertrand Poirot-Delpech, membre de la rédaction du quotidien du soir pendant près d'un demi-siècle, qui est mort mardi soir à l'âge de 77 ans.

«C'était quelqu'un qui avait vraiment beaucoup d'allégresse, et qui avait oublié de vieillir», s'est souvenu mardi sur France-Infos le directeur de la rédaction du Monde, Éric Fottorino. Décrivant «Poirot», selon «une sorte de diminutif qui lui allait bien», Éric Fottorino a salué un homme qui avait «beaucoup d'enthousiasme, et en même temps beaucoup de connaissances, de sensibilité sur l'écriture, et aussi sur l'aventure que représentait la littérature». «Les lettres françaises perdent un incomparable défenseur», a réagi le président de la République, Jacques Chirac, dans un communiqué. «Son exigence et sa lucidité vont nous manquer.» Entré au journal Le Monde à 22 ans, en 1951, Bertrand Poirot-Delpech y a d'abord chroniqué le domaine universitaire, les affaires judiciaires, puis le théâtre jusqu'en 1972. Il prend alors la suite de Pierre-Henri Simon et s'attache à tenir «le feuilleton du Monde des livres», a rappelé le directeur de la rédaction du quotidien. Depuis 1989, il tenait une chronique libre dans le supplément littéraire du journal. Amoureux des livres, Bertrand Poirot-Delpech était aussi un écrivain reconnu, récompensé par le prix Interallié en 1958 pour Le Grand Dadais, puis lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française en 1970 pour La Folle de Lituanie. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, il avait été élu à l'Académie française en 1986, au fauteuil de Jacques de Lacretelle. Journaliste, essayiste, romancier, Bertrand Poirot-Delpech, né le 10 février 1929 à Paris, était également membre du comité de lecture de la Comédie-Française.