À voir à la télévision le mardi 14 novembre - Vue de filles

À première vue, ce téléfilm réalisé par Mira Nair (Mansoon Wedding, Kama Sutra) peut avoir l'air d'un autre Bridget Jones, campé cette fois dans la classe ouvrière du New Jersey à la fin des années 80. L'Aveuglement hystérique, malgré les coiffures et les tenues au goût de l'époque et une trame sonore pour nostalgiques, est toutefois bien loin de nous faire rigoler, comme les «célibattantes» qui se sont multipliées au petit et au grand écran depuis quelques années.

Cette production de la chaîne câblée HBO dépeint plutôt tristement l'obsession maladive d'une jeune femme à l'orée de la trentaine à trouver l'amour, ou, à tout le moins, le réconfort conjugal, au point de nier la réalité ou de la déformer, d'où le titre.

Debbie (Uma Thurman, intense, offre une interprétation lui ayant valu un Golden Globe), petite secrétaire bien ordinaire, écume inlassablement le même bar de banlieue, en compagnie de sa meilleure amie (Juliette Lewis), dans l'espoir d'y rencontrer celui qui la rendra heureuse. À force de trop vouloir que ces simulacres de relations fonctionnent, elle ne connaît que des échecs et en vient à se méfier des intentions de la gent masculine. Une attitude qu'elle perpétue lorsque sa mère (interprétée par la toujours merveilleuse Gena Rowlands), une serveuse de dinner au bord de la retraite, entame une idylle digne d'un conte de fées avec un veuf (Ben Gazzara, trop rare), idylle qui se terminera abruptement. Avec cette distribution quatre étoiles, une réalisatrice prometteuse et une maison de production aussi novatrice, on se serait attendu à quelque chose qui s'approche plus d'un vrai film. Malgré les efforts des vedettes, la réalisation quelconque et les longueurs de ce scénario un peu boiteux n'élèvent ce téléfilm qu'au rang d'une vue... de filles.

Cinéma / L'Aveuglement hystérique, Artv, 19h30