À voir à la télévision le lundi 13 novembre - Plonger dans le bourbier

Qui doute encore du fait que l'Irak a été plongé dans une guerre civile provoquée d'abord et avant tout par une intervention militaire basée sur un tissu de mensonges? Si le clan des partisans de la guerre s'amenuise chaque jour, Section White; Bagdad 2004 a le mérite de montrer que cette agression a toujours été vouée à l'échec, peu importent les prétentions de certains.

La caméra suit ici le parcours d'une section de l'armée américaine de son arrivée à Bagdad à son départ, une année plus tard. Le tout débute un an après le renversement de Saddam Hussein. Les soldats, qui débarquent dans un pays qu'ils ne connaissent qu'à travers une série de préjugés, sont convaincus de la justesse de leur mission. Ils abordent même la chose de façon euphorique. «On combat pour la naissance d'un pays, alors que les terroristes essaient de tout détruire», soutient l'un d'eux.

Cependant, au fil de patrouilles harassantes et répétitives, toutes les interactions avec la population démontrent une incompréhension totale de la situation qui prévaut dans le pays. Certains prennent aussi conscience de l'absurdité de leur présence. Et d'ailleurs, c'est quoi cette guerre où la principale mission consiste à «gagner les coeurs et les esprits»? Si une armée d'occupation faisait subir la même chose au peuple américain, celui-ci ne réagirait-il pas de la même façon?

On compte les jours avant le retour au pays, mais en se demandant ce qu'on y fera. Car ces soldats ne proviennent jamais de la classe aisée. La chair à canon se forge le plus souvent dans la pauvreté, chez ceux pour qui l'armée est presque un moindre mal. Convaincu que la violence ne s'arrêtera pas, l'un d'eux résume cette opération à «de la politique et du fric». Seule la Maison-Blanche refuse encore de le reconnaître.

La Section White - Bagdad 2004, Télé-Québec, 21h