À voir à la télé le jueudi 31 octobre - Bris de confiance

Quand le conflit sur la pêche au homard a éclaté à Burnt Church, à l'automne 1999, l'air semblait connu. Un autre affrontement entre blancs et Amérindiens, comme on en a vu à Oka, comme on en voit dans l'Ouest, comme il s'en dessine présentement à Sept-Îles.

Mais voilà que «Ceux qui attendent», que signe Herménégilde Chiasson, s'ouvre sur une drôle de phrase: ce que l'on va nous raconter, c'est une «histoire d'amitié brisée». Quelle amitié? Acadiens et Micmacs de ce coin du Nouveau-Brunswick ne faisaient donc pas que cohabiter en s'ignorant superbement, avant ce fameux automne où leurs bateaux se sont bravés sur la mer?

Eh bien non, et c'est la belle découverte de ce documentaire: au-delà des images agressives de la télé, des «Warriors» qui rôdent, de la police qui surveille et des invectives des uns et des autres, il y a d'abord eu une déchirure dont aucun média n'a alors fait état.

Des liens très forts ont uni pendant des siècles Acadiens et Micmacs et ont perduré jusqu'à tout récemment. Les noms des lieux, les mots des gens, les mariages, les loisirs mêmes — il faut entendre Gilles Thériault, qui fut négociateur dans le dossier, se rappeler des parties de baseball de son enfance —, tout témoignait de ce mélange, exceptionnel en Amérique du Nord.

En reconnaissant aux Micmacs le droit à une pêche de subsistance, terme qui peut être interprété bien largement, la Cour suprême a ouvert une boîte de Pandore où chacun se bat pour une ressource qui va en diminuant. Personne n'avait vu le conflit venir, personne n'aurait cru qu'il dégénèrerait à ce point.

C'est pourquoi ce film est troublant, qu'il ne tranche pas, qu'il ne pourrait même le faire tant il est difficile de «réparer ce qui n'est peut-être pas réparable».

Document «Ceux qui attendent»

Présenté dans la case Les grands documentaires

Jeudi 31 octobre, 20h, Télé-Québec