Enjeux présente l'expérience menée par une enseignante au primaire - Discrimination pour petits et grands

Des études scientifiques démontrent que les petits sont supérieurs aux grands. Plus intelligents, plus créatifs, plus rapides. Il est donc normal qu'ils aient droit à des privilèges.

Lorsque l'enseignante Annie Leblanc est arrivée dans sa classe de 3e année du primaire avec cette information, les élèves sont restés bouche bée. L'enseignante a alors divisé sa classe en deux. Tous les élèves mesurant moins de 1,34 m ont effectivement eu droit à divers privilèges. Et chaque fois qu'ils répondaient bien à une question, l'enseignante insistait sur le fait que c'était normal, puisque ce sont des petits, donc plus intelligents. Les plus grands, eux, portaient un dossard pour bien les marquer, et leurs performances étaient systématiquement jugées de façon négative.

Cruauté mentale? Enseignante dévoyée et poursuivie en justice? Pas du tout. Avec l'accord de tous les parents ainsi que de la direction de l'école, Annie Leblanc a mené pendant deux jours une expérience osée, presque choquante, la «leçon de discrimination». Une équipe d'Enjeux a suivi l'expérience, qui s'est déroulée dans une école de Saint-Valérien de Milton, près de Saint-Hyacinthe.

Cette expérience s'appuie sur les travaux d'un chercheur qui a étudié le comportement discriminatoire des groupes dans les années 1960. Ses travaux ont inspiré une enseignante de l'Iowa, Jane Elliott, qui a mené au début des années 1970 une «expérience de discrimination» dans une école, en organisant la séparation de la classe selon la couleur des yeux. Cette expérience filmée est demeurée célèbre. En 1985, le réseau PBS a d'ailleurs tourné un documentaire avec les anciens élèves de Mme Elliott.

Annie Leblanc a donc repris le concept, en divisant la classe entre grands et petits. La veille, elle avait tenu en classe une discussion sur la discrimination, annonçant la tenue d'une expérience le lendemain. Après une première journée éprouvante, l'enseignante est revenue le lendemain en annonçant que de nouveaux éléments tendaient à prouver que c'étaient plutôt les grands qui étaient les plus intelligents. Il fallait donc échanger les rôles.

Certains éléments de La Leçon de discrimination sont profondément troublants. L'expérience veut évidemment démontrer l'absurdité de la division fondée sur la race, la grosseur, etc., mais dès que l'enseignante a annoncé la division de la classe, le premier matin, le comportement des élèves a changé. Les «petits» pavoisaient, les plus grands intégraient l'infériorité dans leur attitude. À la récréation, sans que l'enseignante donne quelque instruction que ce soit en ce sens, les enfants se sont spontanément placés en deux lignes séparées, les petits et les grands, alors qu'auparavant ils se plaçaient en ligne selon le principe du «premier arrivé».

Tout au long du projet, certains enfants ont semblé vouloir se rebeller et s'indigner, mais ce refus n'est jamais allé jusqu'à la révolte. En fait, l'expérience est tellement forte qu'on aurait aimé que l'émission pousse l'analyse plus loin. Il semble, par exemple, que les études des années 1960 aient démontré que la discrimination était un comportement «naturel». Le téléspectateur d'Enjeux reste un peu sur sa faim, mais les commentaires des enfants en fin d'émission, touchants et même bouleversants, témoignent d'une forte prise de conscience devant les comportements discriminatoires.

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- Enjeux/La Leçon de discrimination, Radio-Canada, ce soir à 21 h.
4 commentaires
  • christiane chartier - Inscrite 27 septembre 2006 07 h 14

    le droit à l'amélioration

    J'espère que cette expérience servira de modèle et fera réfléchir le Ministère de l'Éducation.

    Car nous devons nous souvenir du rapport de la vérificatrice générale qui parlait du milliard de donner aux enfants en difficulté, sans connaître le résultat. Tant qu'il y aura le classement des élèves en difficulté nous allons créer dans les écoles de la descrimination. Même si l'enfant ne connaît pas se classement, il porte déjà une étiquette pour son prochain professeur, et l'attitude des adultes envers lui en fait déjà un élément de rejet par sa confrèrerie, donc il est entrer dans un pattern qui ne le quittera jamais. Le seul moyen de s'en sortir est de décrocher.

    La descrimination même si ce n'était pas l'intention de nos bons décideurs c'est cela qu'ils ont créé. C'est à cela que sert le milliard pour venir en aide. Faudrait peut-être un jour remettre ce programme en question.

  • CLAUDE MILLETTE - Inscrit 28 septembre 2006 05 h 04

    comment dire.

    j`ai trouver que annie a bien démontré la réalité a ses éleves le comportement envers leur camarades. Comment ne pas jugé, et le respect entre les grands, les petits .

  • Louise Lavoie - Inscrite 28 septembre 2006 12 h 28

    En réponse à l'édito de M.Paul Cauchon Enjeux présente l'expérience menée par une enseignante au primaire-Discrimination pour petits et grands.

    Incroyable mais vrai,dans notre province de Québec comment peut-on en arriver là ? J'en suis pas très fière. Mon titre ne fait peut -être pas bien impressionnant, ni spectaculaire mais j'aimerais dire: "je ne cautionne pas une telle expérience. Bien au contraire je la désapprouve fortement."

    Ce qui m'étonne au plus haut point,c'est de lire que cette expérience s'est faite avec l'accord de tous les parents ainsi que la direction de l'école. Inconcevable!

    Il est très rare de nos jours d'avoir un tel consensus.Permettez-moi de m'interroger sur ce point.Je pose la question,car par expérience, ayant déjà fait parti d'un comité de parents, il était rare, d'avoir l'opinion de tous les parents au départ et surtout de faire unanimité,par la suite. Il y avait une petite minorité de parents, qui assistaient aux réunions .

    Ceux qui étaient en place malgré leur bonne volonté,n'étaient pas souvent encouragés dans leurs initiatives. Il y avait déjà une discrimination. On imposaient des décisions prises d'avance,ne laissant pas de latitude aux parents.

    Ce qui a eu pour effet,la défection des parents. Ce qui est une grande perte pour aujourd'hui.Les parents sont importants,ils ont leur mot à dire dans l'éducation . Le couple,la famille ont besoin d'être revaloriser sous toute ses formes.

    Pourquoi prendre les enfants comme des cobayes? En oubliant que certains,peuvent mal vivre ou interpréter négativement,pareille expérience. Dans le contexte actuel,nos jeunes sont souvent isolés,n'ayant pas beaucoup de personnes autour pour qu'ils puissent verbaliser leurs sentiments ou émotions.Dans une classe, les élèves vivent des situations parentale différentes il y a des parents présents d'autres non,sans vouloir jeter la pierre à qui que ce soit.

    Déjà les jeunes sont dévalorisés,insécures,on ne doit pas leur faire vivre des expériences traumatisantes,car,les conséquences ne sont pas toujours dans l'immédiat, mais elles peuvent imprégnées « du négatif » dans leur pensées. Les torts peuvent être considérables par la suite.Toute expérience,n'est pas toujours bonne à faire vivre aux jeunes.
    Il est nécessaire de s'interroger avant,sur son contenu pédagogique
    Je suis d'accord,que les enfants peuvent apprendre beaucoup par des mises en situation. On fait appel à leur bon sens alors.Mais dans ce cas,ici, je ne voit pas sa raison d'être ni son utilité.Surtout en lisant le comportement des enfants par la suite.

    La discrimination au départ,est dans le coeur humain une lutte constante existe,le plus fort voulant écrasé le plus faible. Encore pire aujourd'hui,celui qui ne performe pas dû à l'âge, à la maladie,on veut l'éliminer. La soif du pouvoir est latente on veut dominer l'autre,l'assujettir, l'assimiler, l'amener à penser comme nous, à faire comme nous. Bref, la pensée unique. Le plus riche domine sur le plus pauvre .Souvent on abaisse un pour élever l'autre. En cherchant notre propre intérêt on oublie bien souvent,celui de l'autre.

    Je termine en disant : « Je comprend encore moins,la présence de l'équipe de enjeux sur place. Peut importe le justification que nous rapporte l'auteur. »

    Je cite : « Le téléspectateur de Enjeux reste un peu sur sa faim. . » sans commentaires, mais jugeant important de faire ressortir cette phrase. Comment pouvons-nous l'interpréter ?

    Je veux terminer sur une note optimiste.. malgré cet état de choses, que je déplore vraiment ; il y a une BONNE NOUVELLE !

    L'homme ne peut pas, connaître la paix dans sa conscience et dans son coeur tant qu'il n'est pas réconcilié personnellement avec Dieu. Nous sommes tous des rebelles, en état de guerre contre lui, et c'est pourquoi notre âme n'a pas de paix, tant qu'elle n'a pas accepté Christ qui, lui, a fait la paix par le sang de sa croix. Le croyant, justifié devant Dieu, a la paix avec lui, sa conscience purifiée ne le trouble plus, son coeur connaît l'amour de Dieu et se repose paisiblement en lui.

    C'est cette paix réelle, qu'on souhaite sur notre monde aujourd'hui, dans toutes les sphères de notre société ! Dans les écoles pour le bien de nos jeunes.
    Bien à vous ! Louise Lavoie

  • FARID KODSI - Inscrit 3 octobre 2006 18 h 34

    Les enseignants pure laine - cause de discrimination

    Ce ne sont pas les enfants qui sont la cause de toute forme de discrimination dans les écoles mais bien plus certains enseignants et enseignantes pure laine du grand Montréal qui ne traitent pas tous les élèves de façon objective et certains parents pure laine en sont complices d'une telle attitude. Il faut donc permettre aux multis d'avoir leurs propres écoles pour bâtir une nouvelle société multie unie, différente de celle où l'animosité entre anglophones et francophones des deux vieux peuples fondateurs est encore vivante.