L'horreur au petit écran

Les étudiants qui fréquentent le Collège Dawson ont rapidement évacué l’établissement. Le drame qui se jouait à l’intérieur avait de quoi troubler ces jeunes femmes.
Photo: Jacques Nadeau Les étudiants qui fréquentent le Collège Dawson ont rapidement évacué l’établissement. Le drame qui se jouait à l’intérieur avait de quoi troubler ces jeunes femmes.

Angoisse, inquiétude, sentiment d'impuissance, horreur et découragement: bon nombre de Québécois ont partagé tous ces sentiments en étant rivés devant leur téléviseur hier.

Toutes les chaînes de télévision tentaient de démêler en temps réel, à compter de 13h et jusqu'à la fin de l'après-midi, les informations fiables des multiples rumeurs qui circulaient.

Mais ce sont clairement LCN et TVA qui ont pris le dessus: l'hélicoptère dont le réseau est maintenant propriétaire a livré dès le début de la tragédie des images prenantes, et même spectaculaires, des policiers embusqués qui tentaient de sécuriser les lieux et des dizaines de personnes évacuant à la course ce secteur du centre-ville.

Dès le début de l'après-midi, la chaîne américaine CNN se servait d'ailleurs des images de LCN pour faire de cet événement sa principale nouvelle de l'après-midi, alternant par la suite avec des images de CBC et de CTV.

Autant les commentateurs en ondes que certains étudiants sur place mentionnaient leur stupéfaction devant un événement «qu'on a plutôt l'habitude de voir aux États-Unis». Mais, cette fois-ci, c'est sur Montréal que les projecteurs ont été braqués: cette fusillade a occupé une grande partie des ondes de CNN tout l'après-midi et elle a été présentée comme première nouvelle hier dans plusieurs sites Internet de grandes entreprises d'information, comme Fox News, MSNBC et BBC. En fin d'après-midi, c'était également la première nouvelle dans le site Internet du Monde.

La couverture en direct d'un tel événement contient évidemment son lot d'approximations, alors que, tout au cours de la journée, les médias électroniques ont relayé les informations les plus contradictoires, dont la présence potentielle de plusieurs tireurs et la tenue d'une autre fusillade à la Plaza Alexis-Nihon, en face du collège.

Mais, de façon générale, les médias ont toujours pris la peine d'utiliser le conditionnel et de bien préciser que rien n'était encore confirmé dans les informations qui circulaient.