Le Devoir augmente ses revenus et le nombre de ses lecteurs

Le Devoir a continué de progresser en 2005, tant sur le plan de ses résultats financiers qu'en ce qui concerne son lectorat, lequel a augmenté aussi bien en semaine que le samedi. «Ce sont des résultats remarquables, qui viennent confirmer le potentiel de développement du journal et qui contribueront à lui donner la stabilité financière nécessaire à la poursuite de sa croissance», a déclaré Bernard Descôteaux, directeur du Devoir, à l'occasion de l'assemblée générale annuelle tenue hier.

L'exercice financier terminé au 31 décembre dernier présente un bénéfice avant intérêts et amortissements de 571 498 $, en hausse de 300 000 $ sur celui de 2004. «Depuis la restructuration financière de notre entreprise en 1993, notre situation financière s'est sans cesse améliorée. La gestion prudente dont nous nous sommes fait une règle porte fruits, comme le démontrent les résultats enregistrés en 2005. Compte tenu d'où nous venons, on nous permettra de les qualifier de remarquables», a souligné le directeur.

Les revenus ont atteint 16,36 millions de dollars, en hausse de 4,8 % sur ceux de l'exercice précédent, alors que les dépenses ont augmenté de 3,1 % pour totaliser 15,79 millions. La distribution du journal a généré des profits de 8,2 millions, en hausse de 4 %, provenant autant de la vente en kiosque que de la vente par abonnement papier ou électronique. Le rapport de l'Audit Bureau of Circulation a confirmé que, pour le semestre terminé le 31 mars dernier, il y avait 28 234 exemplaires diffusés en semaine et 45 176 le samedi, soit des augmentations respectives de 5,2 % et de 4,3 % par rapport au premier semestre de 2004. Cela veut dire que 301 000 personnes lisent Le Devoir chaque semaine.

À l'exception d'une période exceptionnelle dans les années 1970, alors qu'il y avait eu en même temps des conflits de travail majeurs dans plusieurs quotidiens québécois, Le Devoir n'avait jamais soutenu un tirage de 45 000 exemplaires ou plus, comme c'est le cas maintenant. M. Descôteaux rappelle qu'il y a eu des moments forts d'intensité politique, comme en période référendaire, où le tirage montait, mais il y avait régression par la suite. Toutefois, en 1998, M. Descôteaux, qui était alors rédacteur en chef, et la directrice de l'époque, Lise Bissonnette, ont envisagé des changements pour enrichir le contenu, ce qui a eu pour résultat d'ajouter l'Agenda à l'édition du samedi, puis les cahiers Samedi et Perspectives, en plus de chroniques diverses. Le tirage a alors commencé à augmenter le samedi. Puis, depuis trois ans, on constate une reprise dans les éditions des autres jours de la semaine, ce qui est d'autant plus intéressant que la tendance générale, dans les médias écrits qui présentent un contenu de «tout pour tous», est à la baisse. Le Devoir fait la preuve qu'il y a place pour «un journal plus niché», constate le directeur.

Par ailleurs, la formule électronique du Devoir suscite un intérêt certain chez les lecteurs. Le cap des 2000 abonnés qui reçoivent leur journal en format PDF par l'entremise d'Internet sera bientôt franchi. Le site ledevoir.com recevait en mars dernier 600 000 visiteurs uniques, c'est-à-dire 600 000 personnes différentes qui vont au moins une fois pendant le mois naviguer sur ce site. Certains le font du reste plusieurs fois, puisqu'on enregistre 1,5 million de visites par mois, à raison d'une durée moyenne de 15 minutes par visite. En avril dernier, 8,5 millions de pages du Devoir avaient été vues par les internautes, sans compter ceux qui font des démarches pour s'abonner et d'autres démarches administratives.

Au fait, M. Descôteaux a mentionné hier que le site du Devoir fera l'objet d'une nouvelle refonte, sa quatrième depuis son lancement en 1997. Il s'agit notamment d'enrichir son contenu, de rafraîchir la présentation, de faciliter la navigation et de rendre le lien plus facile entre le journal et les abonnés, par exemple pour les abonnements et les transactions d'affaires, en particulier l'acceptation de la carte de crédit, ce qui n'est pas possible actuellement. Déjà, la contribution du site Internet aux revenus publicitaires devient «significative» et elle augmentera certainement dans les années à venir. Les ventes de publicité électronique ont fait un bond de 50 % en 2005. Les ventes d'espace publicitaire de tout le journal ont augmenté de 3,1 %, pour atteindre 7,5 millions.

En ce qui concerne les dépenses, la rémunération des 120 employés permanents et des collaborateurs, ainsi que les frais d'impression, de production et de tirage constituent les éléments les plus importants. Les principaux partenaires commerciaux du Devoir sont Quebecor World pour l'impression, Messageries Dynamiques pour la distribution et VDL2 pour l'informatique. Le contrat avec le distributeur viendra à échéance à la fin de 2006.

Enfin, M. Descôteaux a annoncé hier la nomination de deux nouveaux administrateurs en remplacement de Raymond Bachand qui, par suite de son engagement politique, a dû abandonner le siège qu'il occupait aux conseils d'administration concernant Le Devoir depuis plusieurs années. John Parisella le remplacera au conseil du Devoir Inc. et Diane Wilhelmy fera de même au conseil de l'Imprimerie populaire, la société mère. M. Parisella, après avoir été proche conseiller du premier ministre Robert Bourassa pendant plusieurs années, est maintenant conseiller au principal de l'université Concordia et président du conseil de la firme BCP. Mme Wilhelmy a également été conseillère du premier ministre Bourassa et a été déléguée générale de la délégation du Québec à New York.

À voir en vidéo