Télévision -Trouver un chez-soi

Trouver un logement décent à un prix abordable en milieu urbain relève désormais de l'exploit au Québec. Et quand il faut dénicher un logement pour une famille nombreuse, la mission devient quasi impossible.

Cinq vidéastes du Collectif (...) Parenthèses se sont penchés sur la question et ont suivi les péripéties de locataires obligés de se démener dans un univers dominé par les lois de la spéculation immobilière.

En guise d'introduction, Un toit, un droit, que présente Télé-Québec le jeudi 23 février à 20h, fait une incursion dans un immeuble squatté de la rue de La Chevrotière, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste à Québec, que des militants ont occupé pendant quatre mois en 2002 avant d'être expulsés par les autorités municipales. Le documentaire s'attarde également aux démarches engagées par la famille Bérubé pour se trouver un logement. L'entreprise devient un supplice pour le père de famille de cinq enfants qui, après avoir épluché les petites annonces, essuie refus après refus de la part des propriétaires de logements qu'il appelle.

Les grands logements sont d'ailleurs de plus en plus rares. Un propriétaire admettra candidement qu'il est bien plus rentable de diviser un appartement en deux plutôt que de mettre sur le marché un vaste logement. Simple question comptable.

Les dernières années ont démontré que la crise du logement ne se limitait plus au traditionnel 1er juillet et que, malgré les discours rassurants des autorités, celle-ci était loin de s'être résorbée. Mais les téléspectateurs qui suivent de près l'actualité auront une impression de déjà-vu en voyant des manifestants scander des slogans en faveur du logement social et en assistant aux luttes de locataires malmenés par leurs propriétaires. Les vidéastes n'ont toutefois pas voulu se limiter à la perspective québécoise et ils ont eu la bonne idée d'aller faire une visite en Europe, question de voir si les solutions appliquées ailleurs pouvaient être importées chez nous.

On y apprend ainsi qu'autour de Rome, une banlieue s'est constituée après que des sans-logis eurent pris possession illégalement de terres agricoles à partir des années 60 pour y construire leur maison. Des décennies plus tard, la persévérance montrée par les résidants a permis à ceux-ci d'obtenir une certaine légitimité auprès des autorités, ce qui leur a donné accès à des services essentiels jusque-là interdits à leur communauté. La France a pour sa part mis à l'épreuve une formule tout à fait inusitée, le projet Igloo, qui consiste à aider des sans-logis à construire leur propre maison sur des terrains inoccupés.

Réalisé par Martine Asselin, Lisa Sfriso, Marco Dubé, François Mercier et François Perreault, et produit par Vidéo Femmes et l'Office national du film du Canada, Un toit, un droit sera suivi d'un débat animé par Anne-Marie Dussault. Parmi les invités, on compte Nathalie Normandeau, ministre des Affaires municipales et responsable de l'habitation, Luc Courtemanche, de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), Josée Boileau, éditorialiste au Devoir, et plusieurs représentants de groupes de défense des locataires, dont François Saillant, du FRAPRU, Mathieu Houle-Courcelles, de Bail, et André Trépanier, du Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

Un toit, un droit
Le jeudi 23 février, Télé-Québec, 20h