Télévision - Le marathon télévisuel

Vous connaissez Cortina d'Ampezzo? Cette petite ville italienne a eu son moment de gloire en organisant les Jeux olympiques d'hiver en 1956, mais aussi parce que ces Jeux furent les premiers à être télévisés. C'était il y a exactement 50 ans. On pouvait y croiser 821 athlètes de 32 pays. Ce qui était déjà un grand progrès par rapport aux premiers Jeux d'hiver, à Chamonix en France, en 1924, qui accueillaient 258 athlètes en provenance de 16 pays.

Cinquante ans plus tard, ce sont 2400 athlètes de 77 pays qui se retrouveront à Turin cette semaine. Mais la progression la plus spectaculaire est probablement celle qui concerne les droits de diffusion pour la télévision. Aux Jeux de Lake Placid en 1980, aux États-Unis, le Comité international olympique (CIO) se réjouissait d'encaisser des revenus de diffusion de 21 millions de dollars. Pour Turin, ces revenus sont évalués à 833 millions, selon le site Internet du CIO. Faut-il ajouter que

le CIO considère maintenant ces revenus comme majeurs? (Et on ne parlera pas des Jeux d'été, pour lesquels ces revenus dépassent maintenant le milliard.)

La diffusion des Jeux olympiques représente donc une très grosse affaire pour les télédiffuseurs, qui payent le gros prix pour avoir le droit de présenter

les précieuses images. C'est même devenu trop cher. Radio-Canada et CBC ont payé 155 millions $US pour pouvoir diffuser cinq éditions des Jeux olympiques,

soit celles de Sydney, de Salt Lake City, d'Athènes, de Turin et de Pékin, dans deux ans. Pour ce qui est des Jeux suivants, Radio-Canada a abandonné, découragée par l'inflation galopante des coûts de diffusion, estimant (avec raison) qu'un télédiffuseur public qui surveille ses sous ne pouvait plus se permettre une telle surenchère. Au Canada, le groupe Bell Globemédia a payé le même montant, c'est-à-dire 155 millions $US, pour les droits de diffusion non pas de cinq, mais de deux éditions des Jeux olympiques, soit celles de Vancouver et

de Londres.

Tenter de résumer dans un seul article les moments forts de la semaine devient impossible: Radio-Canada et RDS prévoient offrir plus de 400 heures de diffusion pendant les Jeux de Turin. En gros, la structure sera la suivante: pendant la nuit, RDS diffusera en direct plusieurs compétitions et le jour, la chaîne spécialisée suivra, la plupart du temps, certains sports d'équipes.

Radio-Canada commencera sa

diffusion le matin vers 6h, en direct, jusqu'à midi. Après le Téléjournal,

on reprendra la diffusion en direct jusqu'à 17h30. Le bloc d'après-midi correspond aux grands événements de soirée à Turin, dont la remise des médailles.

Après les nouvelles de 18h et la diffusion de Virginie (une des très rares émissions rescapées de l'orgie olympique!), Radio-Canada propose un résumé tous les soirs, de 19h30 à 22h. Trois chefs d'antenne sont aux commandes, François Faucher le matin, Guy D'Aoust l'après-midi et Marie-José Turcotte le soir, entourés d'une petite armée d'analystes et de reporters.

Pour ceux et celles qui voudraient savoir quel jour se tient telle compétition, le plus simple est encore de consulter le site Internet de Radio-Canada, le site officiel des Jeux de Turin ou les pages quotidiennes des journaux. On s'attend à

plusieurs victoires canadiennes... et

plus les athlètes canadiens seront forts, plus Radio-Canada et RDS se frotteront les mains en voyant les cotes d'écoute augmenter. Pour le grand public, le

tournoi de hockey sera évidemment incontournable, avec le début samedi après-midi du tournoi féminin et le début mercredi matin du tournoi masculin, avec une première rencontre Canada-Italie.