«Les bombes», 21 jours pour changer

Le réalisateur Pascal L’Heureux s’est senti comme un poisson dans l’eau lors du tournage des Bombes à Orford Musique, qui a duré cinq semaines.
Photo: Serge Gauvin Le réalisateur Pascal L’Heureux s’est senti comme un poisson dans l’eau lors du tournage des Bombes à Orford Musique, qui a duré cinq semaines.

Lasses d’être convoquées aux mêmes castings atypiques où elles se retrouvaient inévitablement en compétition, Debbie Lynch-White, Olivia Palacci, Julie de Lafrenière et Sarah Desjeunes Rico ont eu l’idée, il y a 11 ans, d’une série où elles tiendraient ensemble les rôles principaux, Les gorgeous, titre provisoire qui allait devenir Les bombes. Le 12 juillet 2019, les voilà dans le bureau de Sophie Deschênes, des productions Sovimage, à pitcher leurs personnages aux prises avec une dépendance.

« J’ai eu un coup de coeur instantané, raconte la productrice lors d’un point de presse suivant la présentation des deux premiers des six épisodes d’une heure des Bombes. Je trouvais ça audacieux et lumineux. Je trouvais que l’idée était le fun de traiter ce sujet en comédie dramatique, parce que la dépendance, ça peut être lourd. »

Ne restait plus qu’à trouver une autrice rompue à la comédie dramatique, Kim Lévesque-Lizotte, et un réalisateur au regard sensible, Pascal L’Heureux. « Ce que je trouvais vraiment beau et qui donnait un sens à tout ça, c’était de voir quatre grosses filles qui prennent en main leur destin et leur carrière, poursuit l’autrice de manière frontale. Ma mission, c’était d’insuffler à ces personnages-là, qu’elles ont bâtis et auxquels elles ont attribué une dépendance, de la profondeur afin que ces actrices-là puissent jouer autre chose que ce qu’on leur offre habituellement, soit la meilleure amie ou le comic relief. »

« Je fais surtout de la comédie pure depuis un bon bout, c’était la première fois que je réalisais des épisodes d’une heure, rappelle le réalisateur, mais je pense que j’ai vu le pont entre les deux. Dans le texte de Kim, il y avait plein de moments lumineux, où on dédramatise, alors instinctivement, j’ai proposé que le visuel ajoute à ce qu’elles vivent intérieurement afin de ne pas toujours nommer les affaires, que la caméra les guérisse un petit peu, que la musique de Philippe Brault et l’esthétique soient bienveillantes envers elles. »

Photo: Serge Gauvin Laetitia Isambert et Félix-Antoine Duval dans une scène de la comédie « Les bombes »

Fort de l’expérience des Pêcheurs, Pascal L’Heureux s’est senti comme un poisson dans l’eau lors du tournage de cinq semaines à Orford Musique, lieu où Philippe Brault a composé une grande partie de la bande sonore : « De se retrouver dans un tel lieu avec toute l’équipe et tous les acteurs, ça change la donne, les petits matins, les fins de journée. Pour un réalisateur, c’est un cadeau. En comédie, il y a des règles à respecter, mais l’aspect cinématographique de la série permettait une certaine liberté. On m’a dit de suivre mon instinct, j’étais comme dans un magasin de bonbons. »

Le tournage ayant été une expérience formidable pour les quatre actrices, celles-ci sont devenues de réelles amies dans la vie. « La solidarité féminine, ce n’est pas juste faire des soupers de filles, affirme Kim Lévesque-Lizotte, il y a vraiment quelque chose de proactif qui s’est passé là-dedans. »

Quatre filles face à leur destin

Dès le 2 février, les abonnés de Séries Plus feront connaissance avec Claudine (Debbie Lynch-White), sexolique ; Juliette (Olivia Palacci), joueuse compulsive ; Emma (Julie de Lafrenière), qui cumule plusieurs faux profils sur les réseaux sociaux ; et Vicky (Sarah Desjeunes Rico), accro aux pilules. Toutes quatre devront partager une chambre durant les 21 jours que durera leur thérapie au centre Catharsis, où les accueillent deux médecins (Lise Roy et Pier Paquette), un psychothérapeute (Jean-Nicolas Verreault) et une psychologue spécialisée en art-thérapie (Francesca Barcenas).

Ce que je trouvais vraiment beau et qui donnait un sens à tout ça, c’était de voir quatre grosses filles qui prennent en main leur destin et leur carrière

 

Autour des quatre héroïnes attachantes évoluent Jacynthe (Laetitia Isambert), qui souffre d’orthorexie ; Étienne (Félix-Antoine Duval), qui a un TOC ; et Grégoire (Jean-François Mercier), qui n’aime pas parler de ses émotions. Soyez sans crainte pour les patients du centre, il n’y aura ni gourou ni meurtrier en série dans le lot, pas plus qu’il n’y aura de drogue servie à leur insu au petit-déjeuner. Bref, Les bombes n’a rien à voir avec Nine Perfect Strangers, minisérie américaine mettant en vedette Nicole Kidman.

« Quand je parle des Bombes, je trouve ça vulnérabilisant. On est dans l’émotion, dans leur quête, dans le psychologique et dans la bienveillance. Avec Les bombes, j’avais déjà une structure, mais ensuite, je me suis tellement sentie libre ; je pense que je n’ai jamais écrit avec autant d’instinct, de sensibilité et de vulnérabilité. J’ai pu essayer des choses que je n’aurais pas faites avant, et tout le monde m’a suivie là-dedans », conclut Kim Lévesque-Lizotte.

Les bombes

Sur Séries Plus, dès le jeudi 2 février, à 21 h

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