Sur vos écrans: des rencontres en forme de portrait

Antonine Maillet et André Robitaille dans la série documentaire «Antonine Maillet. Mes pensées flottantes»
Photo: Radio-Canada Antonine Maillet et André Robitaille dans la série documentaire «Antonine Maillet. Mes pensées flottantes»

La vie extraordinaire d’Antonine Maillet

« Quand on a 93 ans, on en a fait des entrevues », lance André Robitaille à l’autrice acadienne, qui a remporté le prix Goncourt en 1979 pour son roman Pélagie-la-Charrette et dont la pièce La Sagouine a même été traduite en japonais. Antonine Maillet. Mes pensées flottantes est ainsi une discussion de plus accordée par l’Acadienne aux médias. Une de plus, certes, mais une qui permet à cette fabuleuse petite dame originaire de Bouctouche, au Nouveau-Brunswick, et titulaire de quelque trente doctorats honorifiques, de prendre le temps de revenir sur son destin avec fougue et précision malgré son grand âge.

À ce propos, Antonine Maillet livre au comédien et animateur sa réflexion sur la mort et le vieillissement. « C’est la question qui m’occupe le plus et qui me fait le moins peur », « la longueur du temps n’est pas celle qu’on pense », confie-t-elle. « Je ne suis pas une vieille personne », dit-elle à qui veut l’entendre avec une sagesse impressionnante et une verve, une maîtrise de la langue et des mots toujours aussi délectables. Avec tout autant d’honnêteté, elle aborde également le suicide de sa soeur benjamine qui l’admirait pour son talent et qui, croit-elle, s’est donné la mort par souffrance des comparaisons.

À la vie, à la mort, Antonine Maillet est une femme libre. Pour l’une des rares fois, elle évoque publiquement et sans détour son homosexualité et notamment sa relation avec Mercedes Palomino, qui fut son grand amour. C’est l’actrice d’origine espagnole qui lui aura donné les clés de la compréhension de l’univers et de la tendresse, souligne l’artiste.

Cette émission spéciale, qui prend souvent des allures mémorielles et testamentaires, permet enfin à Antonine Maillet de réitérer son attachement profond pour l’Acadie, terre bienveillante et chaleureuse qui l’a vue naître et grandir, alors qu’elle vit à Montréal depuis de nombreuses décennies. « Je suis très reconnaissante envers le Québec de m’avoir accueillie », souligne-t-elle toutefois à d’André Robitaille. Antonine Maillet. Mes pensées flottantes est, de ce fait, un moment de télévision marquant, riche en émotions.


Antonine Maillet. Mes pensées flottantes
ICI Télé, le mardi 29 novembre, 21 h

 

L’archipel Branson

Sur un ton beaucoup plus complaisant, et certainement moins attrayant, HBO présente une série documentaire sur l’homme d’affaires et milliardaire anglais Richard Branson. Tout commence en juillet 2021, 16 jours avant son départ pour le cosmos dans son propre vaisseau spatial, quand le premier voyageur commercial de l’espace enregistre un ultime message vidéo dans lequel il confesse son amour pour sa famille, au cas où il arriverait un malheur.

Cette communication assez mal orchestrée par le réalisateur Chris Smith (Tiger King, Jim & Andy) apparaît rapidement comme un prétexte pour glorifier le parcours de Richard Branson. Appuyé par ses proches et ses connaissances, celui-ci revient de la façon la plus désinvolte qui soit, et depuis le confort de sa villa des îles Vierges britanniques, sur ses années à la tête de l’empire Virgin et ses aventures souvent risquées. Le résultat est parfois intéressant, mais manque surtout de diversité de points de vue.


Branson
HBO, dès le 1er décembre

 

Chez les Robert Downey, on demande le père !

Si on ne présente plus l’acteur américain Robert Downey Jr. (Iron Man, Sherlock Holmes), son sulfureux cinéaste de père, aujourd’hui décédé, demeure dans l’ombre pour le grand public. Le récent documentaire de Netflix, où l’on retrouve à nouveau Chris Smith à la réalisation, autorisé par la famille, entend ainsi rendre ses lettres de noblesse à l’homme derrièreChaude journée à L.A. (1997).


Robert Downey Sr., le père
Netflix, dès le 2 décembre

À ne pas manquer

Retour dans l’étrange « Royaume »
Au milieu des années 1990, le cinéaste danois Lars Von Trier, fort dusuccès international de son film Europa, marquait les esprits des téléphiles aventureux avec sa minisérie Le royaume (relayée ici par Télé-Québec à l’époque), étrange mélange de drame médical absurde, de suspense psychologique et d’horreur, qui dressait une chronique à la fois étrange et comique du quotidien d’un hôpital de Copenhague. Le fondateur du Dogme 95, devenu avec le temps une star controversée du cinéma mondial, nous ramène dans les couloirs du « Riget » pour d’autres intrigues condensées dans cinq épisodes, sous le titre The Kingdom: Exodus, présentés aux festivals de cinéma de Venise et de Toronto cet automne.

The Kingdom: Exodus
Mubi (plateforme de cinéma d’auteur), dès le 27 novembre


À voir en vidéo