«Les rois de la coke»: réalité pulpeuse

«Les rois de la coke» retrace sur plusieurs décennies l’ascension du gang de l’Ouest dans le crime organisé montréalais.
Photo: Bell Media «Les rois de la coke» retrace sur plusieurs décennies l’ascension du gang de l’Ouest dans le crime organisé montréalais.

Montréal, 13 mai 1991. Deux voitures bloquent le véhicule de l’avocat de la pègre montréalaise Sidney Leithman, coin Jean-Talon Ouest et chemin Rockland. Six coups de feu transpercent la luxueuse décapotable importée du criminaliste, criblant son corps de balles. En fouillant ses poches, la police tombe sur un mystérieux numéro de téléphone, qui s’avérera la pièce manquante au complexe casse-tête qui unit le commerce de la drogue à la corruption massive.

C’est là le point de départ du film documentaire Les rois de la coke, qui retrace sur plusieurs décennies l’avènement du crime organisé à Montréal, en particulier l’ascension du gang de l’Ouest, qui délaissa les cambriolages pour se consacrer au trafic de stupéfiants.

À l’heure où la montée de la violence armée est redoutée à Montréal, le film dépeint la métropole à la manière de Sin City, grâce aux bandes dessinées de l’illustratrice Marie Bergeron. Capitale du vol à main armée en Amérique du Nord et plaque tournante des marchés illicites internationaux, la ville avait même son tabloïd hebdomadaire baptisé Allo Police, qui possédait un lectorat avide des plus sordides faits divers. Une « époque absolument folle », pour reprendre les mots d’un ancien membre du gang de l’Ouest.

Les fans de film de gangsters y trouveront leur compte : tueurs à gages, policiers corrompus, gros bonnets, les noms qui composent Les rois de la coke appartiennent à des personnages plus grands que nature, qui ne sont pas sans rappeler ceux de Martin Scorsese. Mais ici, nulle question de fiction.

Les rois de la coke

Crave, dès le 7 novembre

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