Photos obscènes, harcèlement: les «streameuses» françaises crient leur dégoût

Maghla, l’une des instavidéastes les plus suivies de France avec 700 000 abonnés sur la plateforme de diffusion Twitch, a mis en lumière sur Twitter l’enfer quotidien des créatrices de contenus en direct autour du jeu vidéo.
Sylvain Thomas Archives Agence France-Presse Maghla, l’une des instavidéastes les plus suivies de France avec 700 000 abonnés sur la plateforme de diffusion Twitch, a mis en lumière sur Twitter l’enfer quotidien des créatrices de contenus en direct autour du jeu vidéo.

Une multitude de témoignages glaçants secoue le monde des instavidéastes français, ces joueurs ou joueuses de jeux vidéo qui partagent et commentent leurs parties en direct, plusieurs figures féminines dénonçant les cyberviolences sexistes et sexuelles qu’elles subissent depuis des années sur les réseaux.

Messages insultants, photomontages sur des corps d’actrices pornos, scénarios sexuels autour de sa personne sur des forums, etc. : nombreuses sont les formes que prennent ces cyberviolences.

C’est dans un long témoignage publié lundi sur le réseau social Twitter que Maghla, l’une des instavidéastes les plus suivies de France avec 700 000 abonnés sur la plateforme de diffusion Twitch, a mis en lumière l’enfer quotidien des créatrices de contenus en direct autour du jeu vidéo.

Maghla, connue comme toutes les « streameuses » par son pseudonyme, dénonce l’incessante sexualisation dont elle fait l’objet, s’obligeant même à faire attention à son style vestimentaire pour ne pas s’exposer à des « commentaires ».

« Il y a des centaines de pages de gens qui se branlent sur mes photos et les postent. Littéralement. Également des montages encore et encore et les commentaires peuvent aller [à] du “je la viole” à “je vais la pénétrer cette chienne”, etc. Le forum est alimenté tous les jours », révèle-t-elle encore.

Un témoignage fort, enrichi de nombreuses captures d’écran pour étayer son propos partagé plus de 30 000 fois, qui a permis de libérer la parole en entraînant dans son sillage plusieurs autres vidéastes et instavidéastes françaises.

Quelques pas contre les cyberviolences

 

Début 2021, un pôle spécialisé pour lutter contre la haine en ligne a été créé au sein du parquet de Paris, tandis que le grand public, en France peut signaler les comportements et contenus illicites sur la plateforme Pharos depuis 2009.

Sur YouTube comme sur Twitch et les autres plateformes, ce sujet n’est pas nouveau et beaucoup trop récurrent, déplorent les « streameuses » alors que la vague #MeToo a déjà cinq ans d’existence.

Présents essentiellement sur Twitch, propriété du géant Amazon, les principaux instavidéastes francophones sont des figures masculines comme Squeezie et ZeratoR, dont les chaînes ont connu des pics d’audience respectifs d’un million et 700 000 spectateurs.

Signataire en juin du code de conduite de l’Union européenne contre la haine en ligne, Twitch avait annoncé en décembre 2021 la mise en place d’un système pour détecter les utilisateurs malveillants, après une vague de harcèlement raciste et homophobe.

Le code de conduite de l’Union européenne contre la haine en ligne, lancé en 2016, compte une dizaine de signataires, dont Facebook, Microsoft, Twitter, YouTube, Instagram, Snapchat, Dailymotion, Jeuxvideo.com, TikTok, et LinkedIn, ou encore l’application de messagerie Viber.

Les signataires s’engagent à évaluer dans les 24 heures la majorité des contenus signalés par les utilisateurs comme des discours de haine en ligne, et à les supprimer si nécessaire, conformément à la législation nationale et européenne.

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